La CGB (planteurs de betteraves) s’est dite favorable le 6 décembre à une évolution dans la Pac de l’instrument de stabilisation des revenus comme l’envisage Bruxelles. D’autres outils ont été passés à la loupe, lors d’un congrès consacré à la gestion des risques post 2017, à la veille de la suppression des quotas betteraviers.
La Pac inclut aujourd’hui « un instrument de stabilisation des revenus, qui est un fonds de mutualisation en cas de baisse de la marge brute individuelle de l’exploitation de plus de 30 % », a indiqué, en assemblée générale à Paris, le président Eric Lainé, ajoutant que la Commission européenne a proposé une mise en place par secteur et un seuil de déclenchement ramené à 20 %. « La CGB est favorable à une telle évolution », qui permettrait d’installer le dispositif au sein de la filière betteravière avec un cofinancement français et européen, a-t-il déclaré. Elle réclame l’utilisation d’indices « afin de créer des mécanismes de déclenchement collectifs qui seraient réactifs ». C’est l’une des conditions posées par Yves Madre, directeur de Farm Europe, pour rendre le dispositif opérationnel. Le think tank prône un déclenchement opportun et surtout des versements rapides, dans les six semaines après.
Selon la CGB, l’« omnibus financier » de la Commission est l’occasion de procéder aux aménagements nécessaires afin de disposer du fonds de mutualisation dès 2018. Une échéance réaliste au vu des propos du représentant de la DG Agri Ricardo Ramon Y Sumon, lequel table sur un accord « à l’été prochain » dans l’Union européenne.
Assurance récolte
D’autres outils ont été passés à la loupe lors du congrès, largement consacré à la gestion des risques dans la perspective de la fin des quotas en 2017. L’assurance récolte doit évoluer, ont convenu les participants. La CGB propose que la réglementation européenne soit modifiée afin d’autoriser le subventionnement à partir d’un seuil de déclenchement de 20 % de perte et non 30 %, niveau « bien trop élevé » aux yeux d’Eric Lainé. Un écho favorable est venu de l’invité du ministère de l’Agriculture Hervé Durand, DG adjoint de la DGPE : « Il n’y a pas de raison que (ce seuil) ne bouge pas, peut-être, pour l’assurance aléas climatiques », a-t-il dit, notant que pour l’instrument de stabilisation des revenus « le totem des 30 % bouge » à Bruxelles. Reste à convaincre les agriculteurs, dont seuls 26 % sont assurés, selon les chiffres présentés. « L’assurance, oui, mais il faut que ce soit massif », a considéré le professeur Jean Cordier, impressionné par la couverture de 74 % des surfaces céréalières dans la province canadienne du Saskatchewan. La CGB réclame aussi une DPA (Dotation pour aléas) « améliorée », avec une déduction selon le chiffre d’affaires, un délai et des conditions de réintégration assouplis. Des sujets « légitimes », selon Hervé Durand pour qui « oui, il faut rediscuter de cette DPA ».
Marché à terme
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Les marchés à terme pourraient se développer avec la libéralisation du secteur betteravier. Des similitudes ont été relevées avec l’historique des céréaliers. « Les prix vont être libres » au 1er octobre 2017, a souligné Jean-Loïc Begué-Turon, responsable des clients matières premières chez Caceis (Crédit Agricole). Et les fabricants de sucre utilisent déjà les marchés à terme à l’export, a-t-il ajouté. Mais le spécialiste a émis quelques bémols. « Les betteraviers ont beaucoup plus de contraintes » par rapport aux céréaliers, selon lui. Notamment parce qu’ils s’engagent à produire bien longtemps à l’avance. Conclusion de Jean-Loïc Begué-Turon : la possibilité de voir « les marchés à terme transposés au sucre, oui c’est possible en théorie, encore faut-il que la filière en ait envie ». Le mouvement doit venir, selon lui, des « opérateurs dominants », à la manière des industriels en céréales et oléagineux qui « ont contraint à indexer les flux de marchandises au Matif ».
La libéralisation du secteur oblige à développer la gestion des risques
Pierre-Emmanuel Bois succède à Alain Jeanroy comme DG de la confédération des betteraviers
A l’issue de l’assemblée générale de la CGB, le syndicat des betteraviers a confirmé le 6 décembre que Pierre-Emmanuel Bois succèdera à Alain Jeanroy le 16 décembre comme directeur général de la CGB. Pierre-Emmanuel Bois, 47 ans, est licencié en droit et titulaire d’un DEA de Sciences Politiques de l’IEP Lyon. Il a été dans ses précédentes fonctions adjoint au secrétaire général de la CGAD (Confédération générale de l'alimentation de détail), puis délégué général de l’UNEP - les Entreprises du paysage, de 2002 à 2016. Il a été parallèlement président du CEDAP (Centre d’études des directeurs d’associations professionnelles) de 2013 à 2015). A plusieurs reprises lors de l’AG de la confédération, des personnalités ont rendu hommage au travail d’Alain Jeanroy, notamment dans la préparation de la sortie des quotas et de celle de l’accord interprofessionnel signé cette année.