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Pac : simplification plutôt que réforme

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Les organisations et coopératives agricoles de l’UE partagent le constat que la future Pac devra reposer prioritairement sur les paiements directs, les outils de gestionsdes risques et la simplification du verdissement. Une adaptation du dispositif actuel plutôt qu’une réforme en profondeur.

Déjà plus de 9 000 réponses en moins de deux semaines ont déjà été enregistrées à la consultation sur l’avenir de la Pac lancée le 2 février (1), a annoncé le 10 février le commissaire européen à l’agriculture Phil Hogan lors d’un échange avec les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) à Bruxelles.

Sur les grandes orientations de cette Pac d’après 2020, les membres du Copa-Cogeca semblent d’accord : maintien des paiements directs ; développement d’outils de gestion de crise adaptés à la volatilité des cours ; rationalisation des mesures de protection de l’environnement en évitant les chevauchements entre écoconditionalité et verdissement, et attention portée dans la mesure du possible sur les résultats plutôt que sur les moyens, résume Henri Brichart, vice-président du Copa-Cogeca, qui préside le groupe de dialogue civil sur la Pac.

Marges de manoeuvre

Pour le président du Copa-Cogeca, le Danois Martin Merrild, les agriculteurs européens n’ont pas besoin d’une nouvelle réforme de la Pac mais de « moins de bureaucratie et moins de contrôles ». « Quand on demande aux agriculteurs, quel est le pire de leur métier, tous répondent la bureaucratie. Nous avons besoin de simplification car le verdissement et l’écoconditionnalité notamment sont devenus beaucoup trop compliqués », a-t-il souligné en marge de l’événement lors d’une rencontre avec la presse. « On doit donner plus de marge de manœuvre aux agriculteurs pour mettre en place sur leur exploitation des mesures réellement efficaces pour l’environnement mais qui répondent à leurs envies comme des corridors de biodiversité, des actions spécifiques pour les oiseaux ou les insectes en collaboration avec des associations », précise Martin Merrild.

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Concernant les moyens de faire face à la volatilité croissante des marchés agricoles, « les paiements directs sont le premier niveau d’assurance », souligne Henri Brichart. Au-delà, il faudra développer des outils efficaces face aux variations de revenu, ce que n’a pas été en mesure de faire l’actuelle Pac. « Mais, prévient Henri Brichart, les instruments d’assurance revenu sont difficiles à mettre en place car contrairement aux dégâts climatiques qui ne touchent généralement qu’une zone géographique, en cas de chute des cours ce sont tous les producteurs qui perdent de l’argent la même année ». Il estime donc qu’il faudrait peut-être réfléchir à des dispositifs de fonds mutuels abondés durant les bonnes années et utilisés les moins bonnes.

Mais comme Phil Hogan l’a de nouveau rappelé, la première priorité sera de faire en sorte que la future Pac soit suffisamment financée.

(1) voir n° 3582 du 13/02/2017