Quel avenir pour la Pac, après la victoire en demi-teinte des conservateurs d’Angela Merkel, qui laisse prévoir une délicate coalition gouvernementale avec les libéraux et les Verts, et le discours bouillonnant d’Emmanuel Macron pour une « refondation » de l’Europe ? Si, du côté allemand, la position sur le sujet ne devrait pas être profondément modifiée, les propos du président français laissent l’impression d’un sérieux infléchissement des priorités de l’État membre qui est jusqu’à maintenant le principal bénéficiaire du budget agricole de l’UE. Le locataire de l’Elysée préconise, « sans tabou », une réforme de la Pac « décomplexée et inédite ». L’objectif est, certes, de protéger les exploitants « face aux aléas du marché et aux grandes crises », mais aussi de favoriser une « grande » transition écologique, en les aidant à « évoluer pour construire une agriculture plus responsable », et de répondre à l’exigence de confiance des Européens dans leurs aliments. Environnement, consommateurs : la mise en avant de ces impératifs au demeurant totalement justifiés rappelle la position traditionnelle des États membres du Nord dits libéraux. Lesquels ont toujours pesté contre le budget de la Pac, d’autant que le secteur agricole ne joue pas chez eux un rôle majeur d’équilibre territorial. De plus, la relance de l’Europe imaginée par le président français nécessite de s’attaquer à de nombreuses autres priorités, ce qui est aussi l’avis de la Commission européenne. Or, les ressources financières de l’Union seront plus que limitées, du fait notamment du Brexit. Il serait donc étonnant que la France continue de s’ériger en premier défenseur du budget agricole européen.
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