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PAI Partners met un pied chez Grand Frais

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En s’emparant de 60 % du grossiste Euro Ethnic Foods, un des actionnaires de référence de Grand Frais, le fonds européen PAI Partners veut profiter de l’ascension très dynamique de ce distributeur alimentaire au modèle alternatif.

Nouvelle opération d’ampleur pour les frères Bahadourian : ils viennent de céder le 20 novembre le contrôle de la société luxembourgeoise Euro Ethnic Foods à PAI Partners qui détient désormais 60 % du capital d’EEF, tandis que ses fondateurs, Léo et Patrick Bahadourian, en conservent 40 %. EEF a multiplié son chiffre d’affaires par cinq au cours des dix dernières années pour avoisiner 450 millions d’euros en 2020, selon le fonds. La valeur d’entreprise d’EEF est supérieure à un milliard d’euros, estime une source proche du dossier. En cédant une part d’EEF, les frères Bahadourian ne quittent pas le monde de l’agroalimentaire : ils ont repris fin 2019 le distributeur de surgelés lyonnais Toupargel, en redressement judiciaire, via la holding luxembourgeoise Agihold. Les deux hommes et leur famille seraient à la tête d’un capital de 300 millions d’euros, selon les estimations du dernier classement des fortunes de France du magazine Challenges.

La principale activité d’EEF consiste à gérer les rayons épicerie de 235 magasins Grand Frais en France, au Luxembourg et en Belgique, à côté d’une activité de grossiste pour les épiceries indépendantes, notamment en produits bio et en vrac. EEF est aussi, et surtout, l’un des actionnaires de référence de l’enseigne lyonnaise Grand Frais, aux côtés notamment de Prosol (contrôlé majoritairement par Ardian depuis 2017). Sans dévoiler la part que détient EEF dans le distributeur, il est clair que PAI Partners prend ainsi indirectement une part au capital de Grand Frais, une enseigne au modèle alternatif (la gestion de certains rayons est confiée à des opérateurs extérieurs ou actionnaires) et au développement très soutenu. Son chiffre d’affaires devrait atteindre près de 3 milliards d’euros en 2020. « Aujourd’hui, nous sommes plus que jamais convaincus qu’EEF et Grand Frais gardent un potentiel de croissance considérable. C’est pour cette raison que nous avons souhaité nous appuyer sur un partenaire paneuropéen, à l’expertise ancienne et reconnue dans notre secteur, afin de poursuivre l’expansion de l’entreprise et saisir les meilleures opportunités de développement futures pour EEF, Grand Frais et l’ensemble de l’écosystème », assurent Léo et Patrick Bahadourian, cités dans un communiqué. Ces derniers restent ainsi « très étroitement associés à la stratégie et au développement de cette activité (EEF, ndlr), en forte croissance », souligne PAI Partners.

EEF ne s’interdit pas des acquisitions

Désormais aux commandes d’EEF, PAI Partners va accélérer le développement de la société dont la direction est basée à Saint-Priest (Rhône) par croissance organique et par croissance externe. « D’une part, l’objectif sera d’accompagner EEF lors des nouvelles ouvertures de magasins Grand Frais et dans la poursuite de son activité B2B, en France et à l’international. D’autre part, PAI sera présent auprès d’EEF pour assurer la mise en œuvre d’une intégration verticale sélective, lui permettant d’étendre sa compétence sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la vente en rayon, en passant par la transformation des produits les plus stratégiques du groupe », détaille le fonds européen. Le but est de maintenir la croissance des ventes à 2 chiffres dans les prochaines années. L’année 2020 semble avoir été plutôt satisfaisante : le modèle d’EEF se révèle « particulièrement résilient au cours de la période actuelle », relève PAI Partners. Pour maintenir la croissance, il s’appuiera sur l’équipe de direction qui est confortée : sa présidente exécutive Christelle Le Hir et son directeur général délégué Arnaud Pascal, aux commandes depuis plus de dix ans.

Pour cette transaction, dont la finalisation est attendue au premier trimestre 2021, PAI Partners a mobilisé son fonds PAI Europe VII, dont le hard cap a été atteint en 2018 à 5 milliards d’euros. Les investissements sont en cours, notamment dans l’agroalimentaire (Ecotone, ex-Wessanen) et la restauration (Areas).