Sur un marché en croissance où de gros acteurs se livrent à une guerre des prix, il faut de l’idée et de la volonté pour résister. A 20 ans, Panavi, société bretonne, ne manque ni d’ambition ni d’innovations. Afin de poursuivre son développement, en France en GMS comme en RHF, mais aussi sur un marché international très disputé, l’entreprise se donne les moyens d’agir. Son capital augmentera de 100 millions d’euros, dont près de la moitié a déjà été souscrite par ses principaux investisseurs financiers. En 2006, le chiffre d’affaires devrait atteindre 230 millions d’euros à un rythme de croissance à deux chiffres, et dès l’année prochaine, 3 nouvelles usines ouvriront leurs portes dans l’hexagone.
Recapitalisée en 2004 alors qu’elle venait de quitter le giron de Neuhauser, afin d’acquérir son indépendance, Panavi renouvelle l’opération pour servir une nouvelle fois ses ambitions. 100 millions d’euros seront injectés en deux temps dans l’entreprise. Partenaires du groupe de Torcé (Ille-et-Vilaine), les investisseurs financiers Fortis et La Financière Rothschild ont procédé à une augmentation de capital de 48 millions d’euros. Une seconde tranche de 52 millions d’euros sera souscrite dans les 18 mois à venir. A l’issue de ces opérations, le président fondateur René Ruello conservera la majorité de l’entreprise, avec 60 % du capital. Objectif affiché de cette levée de fonds : poursuivre le développement du groupe en augmentant ses capacités de production en France, en se développant à l’étranger et en accélérant ses programmes de recherche et développement.
Des capacités de production en constante augmentation
Leader en France en pâte crue surgelée et précuit, sur le pain et la viennoiserie, Panavi poursuit son développement. L’entreprise qui produit aujourd’hui dans 22 usines et distribue à partir de 18 plates-formes logistiques réparties sur l’ensemble du territoire, ouvre en moyenne une nouvelle usine par an. Elle en a ouvert deux au cours des dernières années, dont l’usine de Châtellerault en 2006, et ce rythme s’accélère encore, puisqu’en 2007-2008, au moins deux usines de pain et un site de production de viennoiseries devraient voir le jour. « Nous avons des usines très performantes, le dernier cri de la technologie», déclare René Ruello. Cela demande par conséquent de forts investissements : « Chaque année nous investissons 20 à 30 millions d’euros » ce qui permet aujourd’hui à la société de produire 300 000 tonnes de produits, soit environ 800 millions de pièces en viennoiserie et feuilletage (notamment des galettes des rois, une catégorie qui n’est pas anecdotique), et 700 millions de pains blancs et spéciaux. « Nous devons encore continuer à augmenter nos capacités de production pour répondre à une demande toujours croissante. Très bagarré entre de gros acteurs, le marché continue de progresser à un rythme annuel de l’ordre de 7% en volume ». Afin de conserver sa position, Panavi doit affronter la concurrence des Neuhauser, Grands moulins de Paris (Nutrixo) ou encore le belge Vandemoortele, qui réalise en produits pour le secteur de la boulangerie 237 millions d’euros de chiffre d’affaires sur un total de plus de 850 M EUR.
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Un centre de recherche et développement dynamique
Parmi ses atouts principaux, Panavi compte certes ses « usines ultra-modernes », mais aussi sa force d’innovation. De son centre de recherche et développement de Vitré, sortent de nouveaux produits ou procédés d’innovation, à l’instar de la « PAC », pâte crue à cuisson directe, qui connaît un fort développement. Protégé par un brevet mondial, ce procédé qui permet la cuisson rapide au four traditionnel de produits crus (et non pré-poussés, c’est-à-dire passés en étuve, ayant pris plus de deux fois le volume initial et donc plus chers et fragiles à transporter) a donné naissance à la marque Oscar Mondo dont les ventes en croissance ont atteint 180 000 unités sur l’année. Les produits de Panavi ne sont pour la plupart pas vendus à marque, mais si la GMS (50 % du chiffre d’affaires) dispose néanmoins de la marque Oscar Mondo, la RHF a également une marque spécifique, « Grand Crème », qui propose viennoiseries et petits pains prêts à cuire en conditionnement adapté.
Un renforcement attendu à l’international
La marque « La Vie Parisienne » joue, quant à elle, sur le côté attractif du savoir-faire boulanger français pour séduire les consommateurs étrangers. Si aujourd’hui, 15 % du chiffre d’affaires sont réalisés à l’export, René Ruello compte bien développer cette activité « en Europe bien sûr, comme en Italie ou en Allemagne, mais aussi en Amérique du Nord et en Asie où nous avons déjà des activités ». Là encore la concurrence est rude (Delifrance, Le Duff…) et la recherche et développement devrait être mise à contribution afin de cibler l’offre avant tout sur des produits naturels. Confiant dans les capacités de développement de sa société, René Ruello attend pour 2006, un chiffre d’affaires de 240 millions d’euros, en croissance de plus de 13%. Créée en 1985, la société bretonne a presque multiplié par dix son chiffre d’affaires, en 20 ans.