Alors que le rendez-vous mondial de la restauration et de l’hôtellerie vient de fermer ses portes à Lyon, confirmant, par une affluence en forte hausse, tout l’intérêt que la tradition culinaire française suscite. L’attrait pour cet aspect de la culture française est l’un des atouts sur lequel les pouvoirs publics et les industriels comptent capitaliser pour faire face à l’atonie de la consommation alimentaire en France et à la relative morosité du secteur de la restauration, cible privilégiée de ce salon professionnel. Mais finalement les interrogations des exposants se concentraient paradoxalement moins sur leurs clients restaurateurs qui leur offrent une vitrine valorisante pour leurs innovations et à qui ce salon est dédié, que sur leurs relations avec la grande distribution qui demeure leur débouché numéro un. L’interrogation majeure demeure le visage qu’offrira dans quelques années cet outil de commercialisation. Les industriels présents au Sirha anticipent de grands changements avec l’apparition du e-commerce et de la concurrence féroce qu’il représentera. La crainte est que la réponse qui sera apportée par les enseignes installées ne se résume, comme cela a déjà commencé, à une guerre des prix. Celle-ci se fera bien évidemment au détriment des industriels, redoutent ces derniers. Et d’évoquer immanquablement les négociations actuellement en cours sur les prix qui se révèlent une nouvelle fois très dure. Sans doute au détriment de l’innovation. Car c’est bien là un autre paradoxe : pourquoi innover à grands frais et à la demande de ces grands donneurs d’ordre pour des produits dont la mise en valeur ne sera plus assurée par les nouveaux canaux de distribution. Perdre cet atout d’une cuisine novatrice irait à l’encontre de ce que tout le monde souhaite voir perdurer.
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