C’est un véritable pari que fait le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, en tentant de mettre en place une politique de certification des exploitations agricoles. Pari au sein du Grenelle de l’environnement puisqu’il n’est pas encore sûr que cette certification représente une des orientations définitivement choisies par le gouvernement et la présidence de la République ; pari ensuite au sein du monde agricole puisqu’il n’est pas sûr non plus que ce processus soit largement adopté par la majorité des exploitations françaises. Le quasi-échec des certifications existantes, restées confinées à quelques milliers d’agriculteurs, montre que la recette n’a pas encore convaincu la majorité d’entre eux.
Il faudra donc que la future certification, « façon Michel Barnier » soit suffisamment incitative (par des aides ou une reconnaissance commerciale) pour être convaincante : tant à l’égard des agriculteurs que pour le grand public. Celui-ci a bel et bien légitimité à vouloir que les aliments – et, demain, les bio-produits et carburants – soient produits de manière de plus en plus sûre, de plus en plus respectueuse de l’environnement. Il s’agit, évidemment, de contraintes nouvelles pour les agriculteurs. Mais le jeu en vaut le prix.
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Les agriculteurs doivent savoir qu’ils gagneront demain de la liberté économique, liberté d’investir, de se développer, d’aller sur de nouveaux marchés, à proportion de leur capacité à répondre aux exigences de par la société. Certains le savent déjà : investir dans l’environnement et la qualité des produits ce n’est pas investir à perte.