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Edito Pari laitier

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La France a eu raison de demander avec tant d'insistance que le fonds européen de crise ne soit pas vidé pour financer les mesures post-embargo russe. Car à considérer les perspectives de prix pour 2015 dans le lait, on se doute que ce dispositif risque d'être mis sous pression pour venir à la rescousse de la production laitière européenne et française en particulier. Il est d'ailleurs fort probable que le montant de ce fonds de crise ne suffise pas.

Côté professionnels, c'est une grande appréhension qui règne. Il y a ceux qui comptent sur une régulation façon classique qui serait mise en œuvre par l'Union européenne. Mais c'est oublier que le principe même des dernières réformes de la politique agricole a consisté à abandonner toute régulation. Au mieux, on peut imaginer un peu d'aide au stockage privé des produits transformés, comme cela vient d'être appliqué du fait de l'embargo russe. Mais cela n'ira pas très loin.

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D'autres, le syndicalisme majoritaire en tête dans le cadre du pacte laitier de la FNPL et de ses partenaires, tablent tout au contraire sur une capacité à produire plus et de manière compétitive. Le pacte laitier implique davantage un soutien à la modernisation des exploitations qu'a une régulation des volumes, même si un observatoire est prévu et si l'Europe est sollicitée en cas de crise profonde. En présentant son pacte, le président de la FNPL affirmait ne pas se résoudre à voir l'Australie fournir la Chine en produits laitiers.

Hardi ! Pas question donc de brider la production. Même si les projets de développement laitier de certaines coopératives font parfois frémir. Mais le pari mérite d'être tenu. Le DG du groupe laitier Even, Christian Couilleau, est persuadé que des régions comme sa Bretagne sont suffisamment gâtées par le climat pour que ses coop soient championnes en matière de productivité laitière. 2015 dira si on a eu raison.