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Crise laitière Paris veut lancer la réflexion sur des volumes indicatifs de production

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A l’occasion de la rencontre informelle des ministres de l’Agriculture de l’Union sur la crise laitière prévue le 5 octobre à Bruxelles, Bruno Le Maire veut lancer une réflexion sur l’instauration de volumes indicatifs de production à l’échelle européenne en remplacement des quotas laitiers. Le ministre français a dit, le 30 septembre, « compter fermement sur un message politique clair » de ses homologues.

Cette réunion, qui se limitera pour l’essentiel à un déjeuner, ne comporte aucun ordre du jour précis. La Commission européenne apportera sa contribution sous forme d’une feuille de route présentant les diverses mesures législatives qu’elle prévoit pour le moyen et le long terme. Suspendue depuis le 24 septembre, la grève des livraisons de lait reprendra « si aucune décision raisonnable n’est prise par les ministres » le 5 octobre, a averti Romuald Schaber, le président de la Confédération européenne des producteurs laitiers (EMB). De son côté, Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture a déclaré, dans une interview à La Croix que cette réunion informelle ne débouchera sur « aucune décision ». Reste que l’annonce d’une mesure de gestion (aide au lait écrémé destiné à l’alimentation animale, aide pour favoriser la vente de beurre, etc.) serait une initiative habile pour rendre la situation moins tendue et influencer, de manière positive, les prix qui commencent à reprendre quelques couleurs.
« Il n’est pas possible de laisser les producteurs dans la situation où ils se trouvent », a indiqué Bruno Le Maire, le ministre français de l’agriculture, le 29 septembre à Bruxelles, à l’issue d’une rencontre avec la commission de l’agriculture du Parlement européen. « Nous avons besoin d’inventer une régulation européenne dans le domaine du lait ». Selon lui, « les choses avancent dans ce sens ». A quelques jours de la réunion du 5 octobre, a-t-il souligné en substance, on dispose d’une majorité qualifiée sur le document franco-allemand (1), de plus le Parlement européen soutient notre initiative et Mme Fischer Boel est prête à engager une réflexion en vue d’établir des relations contractuelles entre éleveurs et industriels.

Etablir « le volume souhaitable à l’échelle européenne »
L’idée de M. Le Maire, comme il l’a expliqué aux journalistes après sa rencontre avec les députés agricoles, consiste à établir un système volontaire permettant de définir « le volume souhaitable à l’échelle européenne car cela ne sert à rien au niveau national ». Ce n’est pas aussi contraignant que les quotas, mais une indication sera donnée, donc aussi un niveau de prix indicatif qui peut servir de référence aux producteurs comme aux industriels, a-t-il expliqué en substance. Outre un système de régulation, M. Le Maire entend aussi défendre le 5 octobre la mise en place d’un marché à terme afin de rendre la fixation des prix plus transparente dans le secteur laitier ainsi que le renforcement des outils d’intervention.

L’effondrement de la demande responsable de la crise, selon M. Demarty
Sur le blog « coulisses de Bruxelles », Jean-Luc Demarty, directeur général de l’agriculture et du développement à la Commission européenne, analyse les causes de la crise laitière. Selon lui, « les causes ne sont pas à rechercher du côté d’une soi-disant “dérégulation”, mais bien dans l’effondrement de la demande à la suite de la crise économique ». (...). En réalité, précise-t-il, les producteurs laitiers ont été victimes « d’une chute brutale de la demande à la suite de la crise économique. On n’a jamais vu une telle baisse de la consommation, notamment sur des produits à forte valeur ajoutée (fromages, yaourts, etc.) alors que le marché croissait régulièrement jusque-là de 1 à 2 % par an. Plusieurs indicateurs montrent un retour graduel à la normale. Les prix repartent à la hausse, actuellement à 25 cents le litre contre 22 au plus fort de la crise, et la dernière adjudication publique que nous avons organisée pour retirer du marché la production excédentaire n’a rencontré aucun succès. Cela montre que la demande a commencé à reprendre. Nous estimons qu´en principe à 30 cents le litre, les producteurs gagneront à nouveau correctement leur vie ». (...) .

(1) n°3219 du 28/09/2009

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