Dans une note d’appui scientifique et technique signée le 4 avril et mise en ligne le 9 septembre, l’Anses estime qu’il faudrait pratiquement tripler le délai de prise en charge (DPC) de la maladie de Parkinson et de certaines hémopathies malignes provoquées par les pesticides, chez les agriculteurs. Pour rappel, le DPC est le délai maximal entre la fin de l’exposition au risque et le diagnostic de la maladie. La maladie de Parkinson fait l’objet du tableau de maladie professionnelle n°58, qui prévoit actuellement un DPC de sept ans. Au terme de son analyse sollicitée pour éclairer la commission supérieure des maladies professionnelles en agriculture (Cosmap), l’Anses conclut qu’il faut un DPC « pouvant aller jusqu’à vingt ans ».
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Les hémopathies malignes font quant à elles l’objet du tableau de maladie professionnelle n°59, avec un DPC actuellement de dix ans. Malgré le manque de connaissances sur la durée exacte de l’exposition nécessaire pour provoquer une « hémopathie lymphoproliférative B », l’Anses estime que le DPC « se doit d’être aussi large que celui du délai de latence », soit « trente ans ». « Compte tenu de la variabilité du délai de latence selon l’agressivité ou l’indolence des hémopathies lymphoprolifératives B, il semble pertinent que le DPC tienne compte du temps nécessaire pour qu’une forme indolente devienne symptomatique (trente ans) », étaye l’Anses. L’Agence sanitaire conclut qu’il faut distinguer les hémopathies lymphoprolifératives B (dont lymphome non-hodgkinien) du myélome multiple, et qu’il faut réviser les DPC « avec un allongement des durées ».