Une étude française met en évidence une corrélation entre l’incidence de la maladie de Parkinson dans une population et la proportion de surfaces agricoles, notamment viticoles, dans le canton où elle réside.
L’incidence de la maladie de Parkinson (nombre de nouveaux cas sur une population et une période donnée) est « plus élevée parmi les exploitants agricoles affiliés à la MSA que dans le reste de la population » et augmente dans la population générale « avec la proportion de la surface des cantons consacrés à l’agriculture, notamment à la viticulture ». Ce sont les principales conclusions d’une étude publiée dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire le 10 avril, à la veille de la journée mondiale consacrée à cette maladie.
Pour obtenir ces résultats, les auteurs ont notamment comparé l’incidence de la maladie pour les années 2011-2012 entre les affiliés à la MSA et ceux comparés à d’autres régimes d’assurances maladies ainsi que l’incidence de la maladie en fonction des cantons français. Le risque de maladie de Parkinson serait ainsi « plus élevé de l’ordre de 10 % chez les agriculteurs », rapporte l’éditorial du bulletin. En population générale, « l’incidence de la maladie de Parkinson augmente progressivement avec l’augmentation de la proportion de surface agricole utile » dans les cantons, et cela même après « exclusion des agriculteurs de cette analyse ».
Une corrélation plus forte avec la viticulture
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L’association la plus forte a été trouvée avec la viticulture. Dans les cantons où se pratique la viticulture, la prégnance de la maladie serait « plus élevée de 10 % par rapport aux cantons sans viticultures », mais des « associations positives » ont également été trouvées pour les cultures permanentes (pépinières ou arbres fruitiers) et l’élevage caprin. La viticulture « compte parmi les cultures les plus utilisatrices de pesticides », rappellent les auteurs de l’étude, avec 3 % des surfaces agricoles utiles en France mais près de 20 % de la consommation des tonnages de pesticides en 2000.
Si les conclusions des auteurs se confirment, « le nombre de cas de maladie de Parkinson attribuables aux pesticides pourrait être plus élevés que si seule l’exposition professionnelle était impliquée » ce qui plaide pour une « réduction de l’exposition aux pesticides des agriculteurs et des riverains des cultures, notamment viticoles », note l’éditorial du bulletin.
Des conclusions que n’a pas manqué de relever l’association Générations Futures. « La conclusion de l’article doit inciter à la prise de mesures de protections rapides et efficaces des populations riveraines », juge l’organisation à l’adresse notamment des députés travaillant en ce moment sur le projet de loi issu des États généraux de l’alimentation. Elle rappelle ainsi avoir fait des demandes sur ce point, notamment « la mise en place de vastes zones sans traitement de synthèse à proximité de tous les lieux de vie ».