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Parmalat absorbait une bonne part des excédents laitiers

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Parmalat s’approvisionnait en lait dans les autres Etats-membres faute de trouver les volumes suffisants en Italie. Le groupe achetait un volume important d’excédents. Sa disparition soudaine inquiéte les acteurs du marché. 

Malgré les ajustements de plus en plus fins entre production et demande sur le marché laitier auxquels est parvenue l’Europe en instaurant des quotas, il reste à certains moments de l’année des excédents de lait dans l’UE. En effet, le marché laitier est soumis à une demande linéaire sur l’ensemble de l’année, correspondant à la cadence des outils industriels. Mais la production laitière ne répond pas aux mêmes règles et varie selon les saisons. Ainsi, la production laitière est inférieure à la demande industrielle en juin, rejoint le niveau de la demande en août puis le dépasse de l’automne au printemps. Ces excédents d’hiver ont longtemps été transformés en beurre et poudre. Mais la baisse des aides européennes sur ces produits a rendu ces transformations moins intéressantes. Aussi, les collecteurs de lait (coopératives ou entreprises privées) étaient-ils satisfaits de trouver un débouché auprès de Parmalat pour leur excédents de lait en vrac. Parmalat, numéro un mondial du lait longue conservation, qui posséde des outils de transformation dans de nombreux Etats membres (à l’exception de la France), venait chercher ces surplus nécessaires à sa production industrielle, tant en France qu’en Autriche, Allemagne, Belgique, Espagne...

En dépit de trajets parfois importants, ces achats restaient intéressants pour le groupe italien. En effet, le lait est payé plus cher aux producteurs en Italie que dans les autres Etats membres, pour des raisons qui tiennent à la rareté du produit (les quotas accordés à l’Italie ne permettent pas de satisfaire la demande intérieure) et à l’histoire.

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Les volumes achetés en France par Parmalat, sur le marché spot ou sous contrat avec les laiteries, atteignaient environ 0,5% de la collecte française. Un volume considérable pour une seule entreprise. La quantité achetée dans l’ensemble de l’Europe est inconnue mais de nombreux opérateurs craignent qu’elle soit suffisante pour perturber le marché laitier.

« Un écart de 1% en plus ou en moins et c’est la catastrophe », explique Xavier Richard, responsable du service production de l’Union lorraine des producteurs de lait.