Le nouveau Parmalat a fait une entrée triomphante à la Bourse de Milan le 6 octobre dernier, cotant 3,15 euros l’action, avant de devoir suspendre sa cotation dès le lendemain, le cours du titre chutant de plus de 10 % en raison d’une prise de bénéfices de la part des investisseurs. Les poursuites engagées contre ses anciennes banques ajoutées à son caractère « opéable » laissent malgré tout planer des incertitudes sur l’avenir financier du groupe laitier transalpin.
Parmalat fait encore tourner les têtes. Le 6 octobre dernier, le titre du fameux groupe laitier transalpin a fait une entrée fracassante à la Bourse de Milan. A l’ouverture, l’action Parmalat cotait 3,15 euros, valorisant la société à plus de 5 milliards. Cette cotation représentait alors plus de trois fois la valeur des titres remis aux porteurs d’obligations qui ont approuvé la conversion de la dette en action. Pour son introduction en Bourse, la société avait en effet émis 1,6 milliard de titres remis aux créanciers du groupe en échange de l’abandon de leurs dettes. Parmalat se hissait en fin de clôture dans les vingt-six plus grandes valeurs milanaises après que plus de 16 % du capital aient changé de main. Même à son pic historique en avril 2002, Parmalat Finanziaria ne rassemblait que 3,7 milliards de capitalisation boursière. Dès le lendemain, le titre subissait des prises de bénéfices après l’euphorie de la veille et le cours était suspendu dans l’après-midi pour baisse excessive, après avoir perdu plus de 10 % de sa valeur, à 2,69 euros.
Un climat d’incertitudes
L’appétit montré par les investisseurs a tenu beaucoup au caractère « opéable » de Parmalat cf. Agra alimentation n°1899 du 5 octobre 2005, p. 37. Le premier actionnaire, la banque Capitalia, ne possède en effet que 5,5 % du capital, selon les estimations initiales. Pour Corrado Passera, p.-d.g. de Banca Intesa, à la tête de 2,1 % du capital du groupe, l’idée d’un rapprochement avec Granarolo, le premier producteur de lait italien, « est une opportunité pour créer un acteur de dimension européenne ». A contrario, l’ex-fleuron italien de l’agroalimentaire souffre de difficultés de valorisation en raison des incertitudes sur les retombées financières des actions judiciaires engagées contre les banques par la société. 50 milliards d’euros sont réclamés devant les tribunaux italiens aux anciennes banques du géant accusées de s’être enrichies sur le dos des petits porteurs et de la société elle-même. Douze plaintes ont été déposées mais Parmalat ne peut espérer être indemnisé au-delà du dommage subi, à savoir les 13 milliards d’euros de pertes constatées à la fin 2003.
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Moins de deux ans après s’être écroulé en laissant un « trou » de 14,3 milliards d’euros, Parmalat renaît d’une restructuration musclée, basée sur des cessions d’actifs. Aujourd’hui redressé, le nouveau groupe s’est recentré sur les jus d’oranges et les produits laitiers. Son chiffre d’affaires a fondu, passant de 5,6 à 3,79 d’euros, mais la situation s’est assainie, les bilans affichant un résultat net de 121 millions. Par ailleurs, les dirigeants n’attendent qu’une faible hausse du chiffre d’affaires (+1,4 par an) d’ici 2007.
Un nouvel épisode du feuilleton Parmalat se jouera le 7 novembre prochain, avec la convocation de l’assemblée générale du groupe qui devrait élire le nouveau conseil d’administration. Les contours de son nouvel actionnariat devraient alors s’éclaircir.