Faute de s’entendre sur une Constitution pour l’Union européenne, les Quinze sont parvenus, le 13 décembre, à fixer un siège pour l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments, à la grande « surprise » des salariés qui y travaillent. Pour le dernier Conseil européen qu’elle présidait, l’Italie a obtenu que Parme soit l’heureuse élue, au terme de deux années de négociations acharnées.
Les statuts, le budget, le siège, le recrutement de son personnel… Tout a été difficile pour que l’Europe accouche de son Autorité européenne pour la sécurité alimentaire (Aesa). Avec la décision du Conseil, le 13 décembre, s’achève le long feuilleton de sa création. Lille, Barcelone et Helsinki étaient dans la course pour accueillir cette agence cruciale pour la politique alimentaire de l’Union européenne et que Parme décroche aujourd’hui. Faute de pouvoir s’entendre, Italiens et Finlandais ont même un temps envisagé de scinder en deux parties le siège de l’Autorité !
Éclaireurs
Aujourd’hui, l’Aesa fait donc ses valises pour Parme, préparant sa « relocalisation » vers son siège définitif. Depuis sa création, en 2002, elle est accueillie temporairement à Bruxelles dans des bureaux assez précaires. Une délégation de quelques salariés devrait partir en éclaireur en Italie avec pour mission de reconnaître le terrain et trouver des locaux. D’ici 9 à 18 mois, le déménagement pourrait intervenir. Mais les embûches sur la route de l’Autorité ne sont pas totalement dissipées, pour qu’elle puisse fonctionner pleinement, avec ses 200 à 300 salariés, comme cela est prévu dans son budget de fonctionnement.
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« Surprise »
En effet, le processus de recrutement, entamé au début de l’année 2003, va connaître quelques embardées. Certains postes pourvus aujourd’hui pourraient ne plus l’être demain ! Car, pour les quelque 70 personnes en poste actuellement à l’Aesa, l’annonce de leur départ imminent pour Parme a été une « surprise », pas toujours bien accueillie. Le déménagement de l’agence dans des locaux plus spacieux, il y a quelques semaines seulement, a dû leur faire croire que l’agence aurait durablement Bruxelles pour siège temporaire. Personne n’attendait ce week-end une telle décision des chefs d’État et de gouvernement. Un certain nombre ne devrait donc pas se déplacer en Italie… Malgré tout, l’Aesa prévoit d’atteindre l’effectif de 120 à 140 personnes d’ici à la fin 2004, puis 200 à 300 fin 2005.
Acte de naissance
Il aura donc fallu plus de quatre années pour mettre en place l’instance de référence scientifique en matière d’alimentation en Europe. Sa création était prévue par le livre blanc pour la sécurité alimentaire, adopté en janvier 2000. Et dès novembre de la même année, la Commission européenne a fait des propositions sur le cadre réglementaire à donner à cette agence. L’acte de naissance juridique de l’Aesa date finalement de janvier 2002, moment de parution de ses statuts au Journal officiel. Dès lors, l’Autorité pouvait prendre son envol. Il fallait que tout aille vite, que l’Europe ait une autorité de sécurité alimentaire en état de fonctionner, « dès la fin 2002 », selon les autorités européennes à l’époque. Mais, faute d’une entente entre les Quinze, incapables de lui fixer un siège définitif, elle s’installait temporairement à Bruxelles. Plus grave pour son fonctionnement, les députés du Parlement européen décidaient de geler en grande partie son budget pour inciter le Conseil à trancher en faveur d’une des quatre villes candidates pour accueillir l’Aesa.