« Beaucoup de choses ont été mal comprises », car « il n’est pas question de jeter le bébé avec l’eau du bain », et pas non plus, pour Bruxelles, de « se défausser de ses responsabilités », a martelé Phil Hogan tout au long de sa tournée de vente de la communication de la Commission sur « L’avenir de l’alimentation et de l’agriculture ». Dont acte : ceux qui redoutent un début de renationalisation de la Pac crieraient au loup. Mais le problème est aussi que, dans le document de 31 pages présenté urbi et orbi par le commissaire européen et supposé servir de guide pour des propositions législatives de réforme attendues avant la fin de l’été, le projet très discuté de déléguer la mise en œuvre de cette politique commune aux États membres n’est pas l’arbre qui cache la forêt. Car, derrière, aucune pépinière d’innovations. Certes, l’exécutif, paralysé par l’inconnue budgétaire liée notamment au Brexit, préfère évaluer d’abord quelles seront les marges financières après 2020, dossier sur lequel il doit se prononcer fin mai. Reste néanmoins qu’il ne donne pas vraiment du grain à moudre, se contentant de réaffirmer la nécessité d’une meilleure distribution des paiements directs, d’une action plus marquée en faveur des jeunes, de promouvoir les nouvelles technologies et le recours aux outils de gestion des risques, etc. Catalogue classique et sans surprises, d’autant plus que, sur la délicate question de l’amélioration du fonctionnement de la chaîne alimentaire, une éventuelle initiative ne sera annoncée qu’en avril ou mai. En comparaison, sur le fond, le règlement omnibus, dont les dispositions obtenues à l’arraché par les parlementaires européens doivent être appliquées début 2018, est une véritable révolution. Une réforme avant l’officielle qui n’en sera peut-être pas vraiment une, sauf sur le plan technocratique.
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