On ne peut pas donner une délégation de vaccination aux éleveurs si on nous demande ensuite une certification pour cette vaccination. Telle est la position de l’ordre des vétérinaires, exprimée par Gérard Vignault, président du Conseil régional de l’ordre de la région Bourgogne. Les vétérinaires ont entamé, le 26 mai, une série de conférences de presse pour évoquer l’ensemble des sujets, ruraux ou urbains, qui les préoccupent. Au premier rang, les relations avec les éleveurs.
«Nous avons eu quelques fâcheries avec les éleveurs », constate Gérard Vignault, président du Conseil régional de l’ordre de la région Bourgogne. « Il faut qu’on les évoque », déclarait-il le 26 mai à l’occasion d’une première conférence de presse tenue à Dijon. Parmi ces « fâcheries » figure notamment la question de la vaccination anti-FCO pour lesquels bon nombre d’éleveurs et les GDS (Groupements de défense sanitaire) demandaient à pouvoir procéder eux-mêmes. Si la vaccination est facultative, cette délégation peut se concevoir, explique en substance Gérard Vignault, « mais si elle est obligatoire, notamment pour les animaux exportés pour lesquels il faut une certification, ce n’est pas possible. Nous ne pouvons pas donner un certificat de vaccination si nous ne la pratiquons pas nous-mêmes ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Protection naturelle ou non
Autre problème posé, celui des éleveurs qui refusent de vacciner leurs animaux. Gérard Vignault est beaucoup plus nuancé que sur le premier point. Il peut exister une protection naturelle pour le sérotype 8, explique le vétérinaire, car c’est lui qui a été le plus actif en France. De plus, un cheptel non vacciné, isolé parmi bien d’autres qui l’ont été, aura peu de chance d’être atteint. C’est un phénomène classique dans le cas des maladies virales. Mais il faut être conscient que cela n’est possible que pour ce sérotype (le sérotype 1, ayant été beaucoup moins diffusé, a certainement provoqué moins de protections naturelles) et pour un nombre très minoritaire d’animaux non vaccinés. Gérard Vignault reconnaît, d’ailleurs, que la vaccination a un coût qui n’est pas marginal. Prenant l’exemple d’un cheptel de 100 bovins, il évalue à 600 euros environ le coût total dans le cas où deux passages du vétérinaire ont été nécessaires. Mais il faut mettre, face à cette somme, le coût de la maladie si elle survient.