« Les informations disponibles à ce jour ne révèlent pas, à ce stade, une perturbation du marché européen du sucre en raison des importations en provenance de pays tiers ». C’est ce qu’a répondu la Commission européenne à Eric Andrieu, eurodéputé socialiste français qui relayait les propos de producteurs européens de sucre inquiets devant les effets des importations sur les marchés du sucre.
Pourquoi la Commission n’envisage-t-elle pas aussi de recourir, dans le cadre de sa politique commerciale, à des mesures de sauvegarde destinées en particulier au secteur du sucre souffrant en ce moment des conséquences de la crise du coronavirus et des importations de pays tiers ? En adressant sa question à l’Exécutif européen, l’eurodéputé d’Occitanie explique qu’au moment où les prix du sucre, « longtemps déprimés, amorçaient une timide reprise à la fin de 2019, la pandémie du Covid-19 a brutalement fait chuter les cours de plus de 25 %, tout comme ceux du pétrole qui influencent généralement le marché mondial du sucre ». Et que, selon lui les mois à venir n’annoncent pas d’amélioration de la situation et qu’il est même « plus que probable qu’au moment de l’ouverture de sa campagne de production, le Brésil, qui dispose de l’option de transformer sa canne en sucre ou en éthanol, fasse le choix de privilégier sa production de sucre pour davantage exporter sur un marché mondial annoncé comme légèrement déficitaire en 2020, la dévaluation de sa monnaie lui procurant par ailleurs un surcroît de compétitivité ». D’où sa demande pressante à la Commission européenne de recourir, dans le cadre de sa politique commerciale, à des mesures de sauvegarde destinées en particulier au secteur du sucre afin de ne pas amplifier les déséquilibres du marché de l’Union.
« Pas de menace à l’horizon pour l’instant »
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Dans sa réponse, le commissaire européen à l’agriculture, Janusz Wojciechowski, rappelle tout d’abord les conditions dans lesquelles des mesures de sauvegarde peuvent être enclenchées. Celles-ci peuvent être utilisées « dans les cas où les importations d’un produit en question augmentent considérablement et dans des conditions qui causent ou menacent de causer un préjudice grave aux producteurs concernés dans l’Union européenne ». Des mesures de sauvegarde peuvent également être imposées « à la suite d’une enquête qui démontre que ces mesures seraient effectivement justifiées sur la base des critères applicables ». Mais, souligne le commissaire polonais, « depuis le début de la pandémie de Covid-19, les prix du sucre au niveau mondial ont effectivement dégringolé, mais n’ont pas eu à ce jour d’incidence notable sur les prix européens ». Plus précisément, en avril 2020, « le prix moyen de l’UE a légèrement augmenté, passant à 379 euros/tonne par rapport au mois précédent, soit 375 euros/tonne ». En outre, « les importations de sucre en mars et avril 2020 ont été inférieures d’environ 15 % à celles de l’année précédente au cours de la même période ». Par conséquent, affirme Janusz Wojciechowski, « les informations disponibles ne révèlent pas, à ce stade, une perturbation du marché européen du sucre en raison des importations ». Pour rassurer l’eurodéputé français, le commissaire européen a indiqué que la Commission « continuera à suivre la situation dans le secteur sucrier de l’Union et la réévaluera lorsque de nouvelles informations seront disponibles ».