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Pas d’usines, des fermes

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Hier, l’industrie alimentaire européenne, à en croire la CIAA et les groupes multinationaux qui s’y expriment, réclamait de pouvoir acheter ses matières premières à prix mondial. Elle ne pensait que du mal de la Pac des origines avec ses prix de soutien élevés. Aujourd’hui, après quelques décennies de démantèlement progressif de cette même Pac et d’ouverture du marché européen au grand vent mondial, les industriels ont-ils ce qu’ils voulaient, notamment sous la pression de l’OMC ? On se prend à sourire devant la pa-nique affichée par les mêmes qui se retrouvent utilisateurs de denrées agricoles devenues rares et chères. Un Danone « ne veut plus être exposé aux humeurs du marché mondial », dit un de ses dirigeants, et se met à vouloir mieux contrôler ses sources d’approvisionnement. Ce groupe se disait entièrement voué à l’écoute du consommateur et à l’innovation marketing et devait pouvoir s’évider jusqu’à ne plus avoir d’usines à gérer en propre (les sous-traitants faisant fort bien l’affaire !). Et voici que le patron de sa branche lait décide de créer des fermes géantes pour contrôler la productivité de vaches qui seraient nourries au millimètre près. Il ne s’agirait pour l’heure que de reproduire dans de nombreux pays émergents comme l’Algérie le modèle développé en Arabie saoudite avec son partenaire Al Safi, ce nouveau type de partenariat rejoignant d’ailleurs celui qui préside au programme de micro-unités au Bengladesh. Mais la question ne se posera-t-elle pas un jour … en Normandie ?

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