Le principal partenaire du volailler, Nutréa, a cessé les mises en place de poussins destinés à la filière grand export, depuis le 28 juin, faute de garantie de paiement suffisante. L'entreprise devrait cesser ces abattages en août, sans perspective de reprise. Les pouvoirs publics vont réunir, cette semaine, plusieurs acteurs de la filière volaille afin de trouver « un modèle économique viable pour le poulet grand export ».
SELON plusieurs sources proches du dossier, le préfet de Bretagne Patrick Strzoda a annoncé, le 16 juillet lors d'une « réunion de crise » à Rennes, qu'il invitera les entreprises Sofiprotéol, Terrena, Coop de France, Triskalia, Nutréa et LDC (Loué), avec qui il est déjà en contact, à discuter ensemble, la semaine prochaine, de l'avenir de Tilly-Sabco. Il a par ailleurs confirmé que l'Etat n'accèderait pas à la demande des syndicats et des producteurs, de verser une subvention de 800 000 euros par mois à l'entreprise dans l'attente d'un repreneur. L'objectif, selon le préfet est de trouver « avec de grands acteurs de la filière volaille un modèle économique viable pour le poulet grand export ».
« Qui va investir ? »Les salariés et les producteurs veulent que l'Etat mette la pression sur d'éventuels repreneurs, afin qu'ils se positionnent rapidement. « Il y a eu des contacts avec d'éventuels investisseurs, mais c'est tout. Nous demandons que les pouvoirs publics fassent le forcing », déclare la déléguée CGT Nadine Le Guen à la sortie de cette réunion. « Ils sollicitent tout le monde. Mais qui va investir dans une filière qui perd 10 à 15% du chiffre d'affaires ? C'est une équation sans solution », analyse un cadre de Nutréa, Hervé Talec. Dernier partenaire français du volailler, l'entreprise de nutrition animale Nutréa, filiale des coopératives Triskalia et Terrena, a cessé de mettre en place de nouveaux poussins pour la filière grand export le 28 juin, faute de garantie suffisante d'être payé. Nutréa maintient en revanche son cheptel de reproducteurs – la filière grand export travaille avec une souche de poulets spécifique – dans l'hypothèse d'une reprise. Le temps est compté pour Tilly-Sabco. On sait d'ores et déjà que l'usine de Guerlesquin cessera ses abattages durant le mois d'août et le début du mois de septembre. Si une solution de continuation devait être trouvée, par exemple au 1er aout, les abattages ne pourraient reprendre que neuf semaines plus tard, début octobre, le temps de faire naître et d'élever les volatiles.
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Plus tôt, les producteurs, réunis en association au sein du Groupement des producteurs des monts d'Arrée, ont manifesté le 8 juillet, devant l'usine d'aliments Nutréa. Leur activité est divisée par deux depuis que Nutréa a décidé de ne plus approvisionner Tilly-Sabco. « Au lieu de faire deux bandes, il n'en font plus qu'une. Ce n'est pas suffisant », déplore le président du groupement, Jean-Pierre Garion. Les salariés et les producteurs ont ensuite bloqué la route nationale 12 qui relie Brest et Rennes, les 15 et 16 juillet.