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Interview de Gérard Pelhate, président de la MSA « Pas question d’augmenter les cotisations sociales »

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Pour le nouveau président de la Mutualité sociale agricole (MSA), « il n’est pas question d’augmenter les cotisations sociales ! ». Gérard Pelhate, 52 ans, qui a succédé à Jeannette Gros le 19 mai , entend bien poursuivre la démarche de sa devancière pour la pleine reconnaissance du régime social agricole. Mais il devra s’atteler à plusieurs dossiers comme le problème du fonds de financement des prestations sociales agricoles (Ffipsa) et son déficit de 3,2 milliards d’euros (qui pourrait atteindre 4,6 milliards fin 2005 !). Il souhaite également avancer sur d’autres dossiers comme les retraites agricoles, en particulier pour les conjoints et les aides familiaux.

Quel héritage vous laisse Jeannette Gros concernant le régime social agricole ?

Jeannette Gros a accompli un travail énorme au cours de ses deux mandatures. Je tiens à la remercier. Je souhaite faire fructifier l’héritage qu’elle nous laisse. Aujourd’hui, la réforme de l’assurance maladie reconnaît pleinement notre régime. Nous avons obtenu la place que nous souhaitions au sein de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam).

Où en est le financement du régime des non-salariés agricoles ? Le fonds de financement des prestations sociales agricoles (Ffipsa) accuse un déficit de 3,2 milliards d’euros fin 2004. Pensez-vous qu’il y aura une augmentation des cotisations sociales pour le combler ?

Le Ffipsa est financé par les cotisations sociales, la CSG, la taxe tabac et le versement lié à la compensation démographique du régime agricole. Mais cette compensation et la taxe tabac ne sont plus au niveau qu’elles devraient être. Le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre les solutions nécessaires à un financement pérenne. Actuellement, un rapport a été terminé par trois inspecteurs généraux, des finances, des affaires sociales et de l’agriculture et devrait être rendu public prochainement. Mais il est hors de question que les non-salariés agricoles cotisent plus. Nous ne pouvons pas leur ajouter des charges supplémentaires au regard de leur situation financière actuelle.

La MSA participe régulièrement à l’élaboration d’études sur les problèmes de santé, comme récemment avec « Agrican », sur le cancer voir Agra Presse Hebdo n°3001 du 4 avril 2005. En quoi va consister celle sur la maladie d’Alzheimer ?

La conception du programme a été terminée en 2004. Il devrait démarrer à l’automne de cette année, dans cinq sites : les caisses MSA Finistère, Loire, Lot-et-Garonne, Tarn-Aveyron et la fédération des Côtes normandes. Il a notamment pour but de développer une aide globale à toutes les étapes de la maladie (dépistage, diagnostic, soins, maintien à domicile, soutien aux aidants, fin de vie). L’expérimentation va durer trois ans. Elle sera assortie d’une évaluation intermédiaire et finale pour l’étendre ensuite à d’autres territoires. Mais pour l’instant, nous devons d’abord sensibiliser les équipes et informer sur le terrain.

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Concernant les retraites agricoles, la retraite complémentaire obligatoire (RCO) a été mise en place en 2002. Où en est aujourd’hui la parité avec les autres régimes ?

Nous avons obtenu effectivement la RCO et la mensualisation des pensions pour les retraités anciens exploitants. Aujourd’hui, il y a encore des efforts à faire pour ramener les retraites agricoles à parité avec celles des autres régimes, notamment en ce qui concerne les retraites des conjoints et les aides familiaux. Aujourd’hui, la RCO correspond à un maximum en termes de cotisations. Il est là aussi hors de question que leur montant soit augmenté au regard des situations de crise que vivent les agriculteurs français. Nous devons faire comprendre à nos ressortissants qu’il est important qu’ils se préoccupent de leur retraite assez tôt. Ils ne doivent pas négliger leurs niveaux de revenus (ndlr : sur lesquels sont indexées les cotisations retraites) au profit d’investissements. Pour cela, nous élaborons avec eux des simulations et estimations à long terme.

Le 25 mai, avait lieu la remise des prix du 3e concours Pré Vert, sur le thème « Grandir, vieillir, c’est quoi ? ». Quel était le but de la création de ce concours, tourné vers les élèves d’établissements ruraux ?

Nous nous inscrivons toujours dans une politique sociale pour la famille et la jeunesse. Il est important pour nous d’animer le milieu rural et de mobiliser les jeunes. Cette année, le thème choisi était un exemple de ce que peut faire la MSA pour établir des relations entre les différents acteurs du milieu rural et notamment sur le lien intergénérationnel. Le concours a lieu tous les deux ans et nous essayons à chaque fois de définir un thème en rapport avec les sujets du moment. Mais nous ne nous limitons pas uniquement à nos seuls ressortissants, puisque tous les établissements ruraux ont accès à ce concours.