Dans certaines zones de garrigue ou de montagne, le nouveau seuil de 0,2 UGB/ha retenu par la Rue de Varenne pour permettre de toucher les aides Pac est « totalement inadapté aux réalités du terrain », dénonce la Confédération paysanne dans un communiqué le 16 janvier. Le syndicat regrette une « décision violente », revenant à signifier à certains paysans « qu’ils ne sont plus considérés comme tels ». Ce nouveau seuil, rappelle la Conf’, «serait justifié par les griefs de la Commission européenne sur la difficile évaluation de ces surfaces ». Estimant que « de réforme en réforme PAC, le pastoralisme paysan est progressivement éliminé », le syndicat demande donc au ministère « de reconsidérer cet arbitrage », afin de donner « un avenir […] dans de nombreux territoires français ».
Dans une réponse à une question du sénateur écologiste Guillaume Gontard de novembre 2022, le ministère de l’Agriculture explique que ce dispositif permettra aussi « de nouvelles modalités de vérification des surfaces admissibles » en temps réel. Et le nouveau seuil, poursuit la Rue de Varenne, « concernera uniquement les prairies composées majoritairement de ligneux, arbres, arbustes ou buissons », ainsi que les surfaces en chênaies et châtaigneraies « dans la zone Causses-Cévennes et en Corse ».
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Le ministère souligne par ailleurs que, grâce au « rapatriement des surfaces d’estives » dans l’éco-régime, cette nouvelle aide pourra être versée pour « toutes les surfaces utilisées par l’exploitant, y compris les pâturages en commun au prorata de leur utilisation ». Se défendant de ne pas soutenir ces modes d’élevage, le ministère se félicite enfin dans cette réponse que les nouvelles dispositions sur le rapatriement « permettront de soutenir l’élevage extensif et de reconnaître l’importance des territoires pastoraux dans leur diversité ».