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Biocarburants Patrick Devedjian interpellé sur l’huile-carburant

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Des manifestants ont interpellé le ministre délégué à l’Industrie Patrick Devedjian le 21 avril, sur l’huile-carburant, lui demandant de transcrire en droit français l’intégralité de la directive européenne 2003/30 sur les biocarburants, qui fait figurer l’huile-carburant comme biocarburant à part entière.

Des manifestants agriculteurs et non agriculteurs, estimant ne pas être entendus à propos de l’huile végétale utilisée comme carburant directement dans les moteurs de tracteurs ou de voitures, ont profité de l’inauguration d’une poste à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) par le ministre délégué à l’Industrie, pour exiger la transposition intégrale en droit français de la directive 2003/30. Cette directive, dite « directive promotion » dans les milieux des biocarburants, vise à promouvoir « l’utilisation de biocarburants ou autre carburants renouvelables » dans les transports. Cette directive mentionne les huiles végétales brutes. La France a omis de les reconnaître comme source énergétique supplémentaire et de substitution aux carburants classiques dans sa transcription nationale.

La délégation venue à la rencontre de M. Devedjian était composée de personnalités intéressées par l’huile-carburant, comme Alain Juste, fabricant d’huile de tournesol près d’Agen et fondateur de l’Institut technique des huiles végétales brutes, et de plusieurs organisations agricoles, dont la Confédération paysanne.

Le ministre a profité de cette rencontre avec la délégation pour porter la conversation sur la Constitution européenne et le risque d’un « non » des agriculteurs, mais les manifestants ont saisi la balle au bond : que le gouvernement donne l’exemple en transcrivant les directives européennes. « Nos gouvernants prêchent pour que la France prenne conscience des enjeux européens, mais dans un cas concret comme celui d’une écriture en droit français, ça coince », s’est exclamé Jean-Jacques Bailly, de la Confédération paysanne.

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L’huile-carburant, un vif sujet d’intérêt

Alain Juste, habitant à Pont-du-Casse, petite commune du Lot-et-Garonne, est devenu un des leaders de la promotion des huiles brutes, après les actions qu’il a menées pour faire entendre le point de vue des utilisateurs d’huile-carburant. En effet, après plusieurs procés intentés par Bercy contre lui en recouvrement des taxes sur les carburants pétroliers, un mouvement de défense s’est organisé et un institut technique des huiles brtutes a été constitué. L’intérêt pour la promotion des huiles brutes est latent dans les campagnes, mais aussi maintenant depuis peu en milieu urbain, comme à Marseille par exemple, où un ingénieur informaticien de 33 ans récupère de l’huile de tournesol usagée dans son restaurant d’entreprise, la filtre et alimente sa voiture diesel après quelques transformations du moteur. Le sujet des huiles brutes est très sensible en milieu rural, suscitant un vif intérêt des agriculteurs et de leur entourage. Ce produit s’inscrit dans des filières courtes, donc peu consommatrices d’énergie de transformation et de transport et sont à la portée d’individus ou de groupements de producteurs fabricant leur propre carburant.

L’huile végétale brute figure en tête des bilans énergétiques. Une étude commandée par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) à l’expert PriceWaterhouseCoopers en 2002 montre que l’huile végétale restitue 4 à 5 fois plus d’énergie qu’elle n’en demande pour sa production, contre environ 3 pour les biocarburants industriels et surtout 0,9 pour le gazole.