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Pâturage minimum : des contrôles plus ou moins forts

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Toutes les marques associées à un pâturage minimum ne font pas controler leurs démarches par un tiers certificateur.

WWF France est partenaire de plusieurs laiteries dans le cadre de chartes de bonnes pratiques. Avec Bel, le partenariat stipule 160 jours de pâturage et avec Ingredia 170 jours. Mais jamais le célèbre logo de l'ONG n’est apposé sur les produits, car l’organisation, bien que partenaire, ne certifie pas ces démarches. « Le contrôle s’effectue sur une base de confiance, explique Arnaud Gauffier, responsable agriculture et alimentation au WWF France. Les industriels nous transmettent le suivi des indicateurs que nous avons élaborés dans le cahier des charges. »

Pour la partie pâturage, ce sont le nombre d’éleveurs engagés et le nombre de jours de pâture qui sont consignés dans les calendriers de pâturage des éleveurs. Tout se fait sur la base du volontariat. « C’est tout l’ambiguïté des démarches privées », admet Arnaud Gauffier. Un cadre moins contraignant permet aussi de générer plus de volumes, en incluant davantage d'éleveurs, et d’avoir un impact supérieur. C’est le compromis qu’a choisi WWF.

Dans une autre stratégie, la filière L’appel des près de Lactalis, annonçant 200 jours de pâturage, regroupe seulement 24 éleveurs actuellement. « 100 % des éleveurs sont audités par nos techniciens laitiers avant d’entrer dans la démarche », explique l’entreprise. Ensuite, un organisme extérieur certifie la démarche. « La mesure du temps de pâturage se fait par le biais de différents outils selon l’équipement des éleveurs : colliers avec géolocalisation, contrôle automatique à la barrière, planning de pâturage avec enregistrement, mesure des volumes d’abreuvement. » Des contrôles inopinés sont également effectués.

«Quelque chose de fiable mais qui ne soit pas trop compliqué»

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Face à ces exigences, difficile de porter le plus grand nombre sur la voie du pâturage. Lorsqu’il a lancé la marque Lait de pâturage, Marcel Denieul souhaitait « quelque chose de fiable mais qui ne soit pas trop compliqué pour les éleveurs ». Son cahier des charges exige 150 jours en moyenne. Un organisme extérieur certifie l’ensemble des exploitations. Les critères retenus pour garantir le pâturage sont facilement vérifiables : la présence de traces de pâturage, de clôtures, de points d’eau, de chemin d’accès à des parcelles situées à moins d’un kilomètre de l’étable, etc. Tout ce qui montre que les vaches peuvent et ont bien pâturé.

Au niveau de la chaîne d’approvisionnement, les auditeurs externes vérifient que dans les produits, le mélange de lait garantit effectivement 150 jours de pâturage en moyenne. « Cette double certification a séduit Sodiaal », explique Laura Delheure, responsable marketing filière et RSE chez Candia pour qui la certification par un organise externe donne de la crédibilité à la démarche. « Les critères retenus par l’association sont robustes et vérifiables. »

Un cadre moins contraignant permet de générer plus de volumes.