Au-delà des divergences assez naturelles entre Pierre Chevalier, président de la fédération bovine (FNB) et Jean-Paul Bigard, qui dirige la première société de transformation et préside le syndicat des industriels, il y a un point qui les rapproche : ils ont tous deux une haute ambition pour la production bovine française. Ils savent qu’il y a de gigantesques marchés à prendre et qu’il faut pouvoir s’adapter pour y figurer parmi les principaux fournisseurs.
Curieusement ces marchés ne sont plus réellement en Europe. Ce fut d’ailleurs la plus grande surprise de ces dernières années. Alors que la majorité des acteurs étaient persuadés que la construction de l’UE allait faire du vieux continent le marché le plus profitable pour nos produits, la réalité est toute différente : en volailles, ce sont les pays tiers qui constituent les débouchés les plus rentables aujourd’hui ; en viandes bovines et porcines le débouché pays tiers est souvent plus profitable. L’Europe, et surtout la zone euro a permis à la concurrence de s’exacerber. Du coup, on se fait parfois damer le pion par des entreprises allemandes, danoises ou néerlandaises parce qu’elles ont un avantage de quelques centimes sur le prix de revient du kilo produit.
Sur les pays tiers il y a un fait nouveau : les coûts de revient ne sont plus forcément inférieurs à ceux que l’on connaît en France. Car l’Europe fait des progrès et les coûts des pays émergents augmentent. On n’a plus besoin, ou de moins en moins, de restitutions (subventions à l’exportation). On a surtout besoin d’organisation, de régularité de la production et d’opérateurs capables d’embarquer rapidement quelques milliers de têtes ou de tonnes sur un bateau. C’est cela qu’il faut construire aujourd’hui.

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