Paysans de Nature ne veut pas être réduit à des pratiques favorables à la biodiversité. La dimension d’installation et de dialogue avec les consommateurs, est au cœur de leur charte d'engagement.
« L’un de nos points de vigilance, c’est que le réseau ne soit pas récupéré uniquement pour faire de la biodiversité fonctionnelle, en oubliant l’aspect d’installation et de dialogue territorial », prévient Frédéric Signoret. En s’installant en 2010, lui avait l’espoir de fonder une grande ferme de 200 ou 300 hectares, « où nous aurions été plusieurs à travailler ». La charte de Paysan de Nature garde cet esprit de collectif, en invitant les signataires à « favoriser l’installation de nouveaux paysans favorables à la biodiversité » par la recherche de foncier ou la mutualisation de matériel. Une quinzaine de producteurs « de nature » se seraient ainsi installés dans le marais breton autour de chez Frédéric Signoret. Non seulement grâce aux efforts de celui-ci pour identifier les exploitations à reprendre, mais aussi au travers de prêts informels, consentis par le militant à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’euros sur une dizaine d’années.
« Dialogue permanent pour la nature »
Comme Frédéric Signoret, Fabien Letort « essaime », sourit-il, à la fois en militant dans les associations locales, et en accueillant chaque année plusieurs stagiaires. Qu’ils soient candidats à l’installation ou étudiants dans le domaine de la protection de la nature. « Avec de plus en plus de projets en Landes de Bretagne, il va peut-être falloir qu’on s’organise aussi en filière », prévoit le jeune éleveur. Le projet, là encore, pourrait s’inspirer du travail mené dans le marais breton. Depuis 2019, une convention signée entre deux magasins Biocoop, la LPO et l’association pour la défense de la Maraîchine a permis de créer une micro-filière dédiée à la vache maraîchine pour concilier recherche de débouchés, implication des consommateurs et protection de la biodiversité.
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Cette expérience a aussi structuré le modèle de développement agricole spécifique aux Paysans de Nature. Nommé « dialogue permanent pour la nature », il permet, au travers d’une convention liant agriculteurs, associations locales de protection de l’environnement, et réseau national, d’organiser des visites de fermes donnant lieu à des restitutions collectives. « En recréant ce lien, les agriculteurs et les naturalistes échangent pour proposer des pistes d’améliorations, ou partager des pratiques », détaille Perrine Dulac, animatrice du réseau Paysan de Nature. Cette philosophie reprend plus largement celle de Nature et Progrès, le premier label bio en France en certification participative, dont les Paysans de Nature se sont beaucoup inspirés.