Bloom, ONG spécialisée dans la défense des océans et de la pêche durable, a déposé plainte le 2 octobre contre les Pays-Bas auprès de la Commission européenne, les accusant d’avoir illégalement autorisé des navires à pratiquer la pêche électrique.
La pêche électrique consiste à envoyer depuis un chalut des impulsions électriques dans le sédiment pour y capturer des poissons benthiques, c’est-à-dire vivant au fond des mers. Elle est critiquée "pour son hyperefficacité et ses impacts très violents sur la ressource : les poissons remontés dans les chaluts montrent souvent des brûlures, des ecchymoses et des déformations du squelette consécutives à l’électrocution", explique Bloom dans un communiqué. La pêche électrique est interdite en Europe depuis 1998 par un règlement en faveur de la conservation des ressources de pêche, mais bénéficie de dérogations depuis 2007, à titre expérimental.
Plainte pour "non-respect de la législation de l’UE"
"Le nombre de décisions d’autorisation de pêche délivrées par les Pays-Bas pour utiliser le courant électrique impulsionnel dépasse très largement le nombre maximal autorisé", affirme l’association dans sa plainte pour "non-respect de la législation de l’UE". Les Pays-Bas ont équipé 84 navires au lieu de 15 au maximum, affirme Bloom. Les bateaux utilisant en outre des tensions comprises entre 40 et 60 V, alors que la tension électrique réglementaire est de 15 V.
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Cette plainte intervient une semaine avant le vote, les 9 et 10 octobre, de la commission de la pêche du Parlement européen sur une proposition de la Commission européenne de considérer désormais la pêche électrique comme "conventionnelle", précise Bloom. La Commission européenne a un délai de quinze jours ouvrables pour accuser réception de la plainte. Dans les douze mois qui suivent, elle doit l’examiner afin de décider s’il convient ou non d’engager une procédure formelle d’infraction contre l’État membre concerné.
La France avait indiqué en février dernier qu’elle souhaitait le maintien de l’interdiction de la pêche électrique, dans un courrier envoyé par Ségolène Royal, alors ministre de l’Environnement, à la Commission européenne.