Malgré un déclin de la production et des surfaces et une détérioration « incontestable » des rendements, la France conserve sa troisième place dans l’analyse de la compétitivité du marché euroméditerranéen des pêches-nectarines dévoilés par FranceAgriMer mercredi 23 mai 2018. Face à l’Italie, deuxième, et l’Espagne, qui arrive à la première place, et qui est devenue cette année le premier producteur en Europe, le rendement français (22,03 tonnes/ha) « est le meilleur parmi les pays suivis dans la veille, et ce depuis des années », rappelle la note. Malgré un coût élevé de la main-d’œuvre, la France qui a produit 205 000 tonnes de pêches-nectarines en 2016 soit 4,9 % de l’offre européenne, voit près de la moitié de sa production positionnée en moyen et haut de gamme, à la différence de l’Italie, la Grèce ou la Turquie dont « l’écrasante majorité est positionnée sur du bas de gamme », note Raphaël Bertrand, chargé d’études économiques à FranceAgriMer. La quasi-totalité (94,7 %) de la production française est ainsi destinée au frais, plutôt que le transformé majoritaire en Grèce ou en Turquie.
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L’Hexagone est aussi le plus spécialisé dans l’agriculture biologique avec 6,4 % de sa production en 2016, quand ses voisins « ne dépassent pas les 3,5 % ». « Pour les exploitations qui restent, la montée en gamme permet de gagner en compétitivité, on peut s’attendre à un ralentissement de la baisse des surfaces », juge Raphael Bertrand. Autre facteur important de compétitivité, les exploitations françaises disposent d’une bonne maîtrise des facteurs agri-climatiques, notamment avec une faible pression de l’agriculture sur les ressources en eau, un point qui dans un contexte de réchauffement climatique pourrait devenir à l’avenir le véritable « point faible » du modèle espagnol. Conséquence de ce positionnement : « La France vend les pêches les plus chères, mais celles-ci se valorisent plutôt bien », décrypte Raphaël Bertrand. Reste que la France continuer à importer plus qu’elle ne produit, principalement d’Espagne, et est ainsi le seul pays suivi à avoir « une balance commerciale déficitaire, qui se dégrade d’année en année depuis 2012 ». L’Espagne reste d’ailleurs le leader incontesté en volume et en valeur des exportations de ce produit en Europe, avec près de 73 % de sa production partant à l’étranger, contre à peine 20 % de la production française.