Abonné

Pêches, nectarines : prévisions de récolte incertaines

- - 4 min

Si le potentiel de production en pêches et nectarines s’annonçait stable en Europe, c’était sans compter sur les inondations en Italie et la sécheresse en Espagne et en France.

La récolte européenne de pêches et nectarines est marquée de fortes incertitudes dues aux aléas climatiques en cours, a annoncé le Medfel (salon fruits et légumes) lors d’une conférence de presse le 23 mai. Plutôt que d’annoncer de véritables « prévisions », comme à l’habitude à cette période de l’année, le Medfel a préféré s’en tenir aux « potentiels de production » arrêtés à la mi-mai, avant les inondations en Emilie-Romagne (nord de l’Italie) et avant de connaître les pertes liées à la sécheresse en Catalogne et en Aragon (nord de l’Espagne) ainsi que dans le sud de la France. Une mise à jour de ces chiffres sera publiée sur le site du Medfel « à la mi-juin », a indiqué son représentant Éric Hostalnou.

Avant ces deux aléas climatiques, la récolte européenne était estimée à « 3,378 millions de tonnes (Mt) de pêches et nectarines, pêches plates et pavies inclus », selon M. Hostalnou. « Pour les pêches nectarines, c’est 14 % de plus que l’année dernière, et 2 % de plus que la moyenne quinquennale 2017-2021 », a-t-il précisé. En France, le potentiel de production augmenterait de près de 1 % par rapport à l’an dernier (+22 % par rapport à la moyenne 2017-2021), passant de 228 000 t récoltées en 2022 à 231 000 t prévues cette année. L’incertitude sur les volumes et les calibres pèse cependant dans les bassins Sud-Est et Languedoc Roussillon, où des arrêtés sécheresse sont en vigueur. « On a eu quelques jours de pluie qui sont arrivés et qui font du bien […]. Mais on a cette épée de Damoclès qu’est la sécheresse, qu’on va suivre de très près », a déclaré le président de l’AOP pêches et abricots de France Bruno Darnaud.

Sécheresse, inondations

En Espagne, le potentiel de production avant sécheresse « revient à la normale avec un peu plus de 1,5Mt », a indiqué Eric Hostalnou. Cette estimation pourrait être fortement revue à la baisse, l’irrigation étant réservée à la survie des arbres fruitiers dans les zones qui dépendent du réservoir de Rialb (canal d’Urgell), et avec les restrictions d’irrigation « de jusqu’à 50 % » dans la zone du bas Segre, a indiqué Manel Simon, responsable de l’AOP catalane Afrucat.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

aléas climatiques
Suivi
Suivre

En Italie, le potentiel de production avant les inondations en Emilie-Romagne était estimé à « 933 000 t, soit 8 % de moins que l’année dernière, et 12 % de moins que la moyenne 2017-2021 », a dit Eric Hostalnou. Avant les inondations, le nord du pays avait déjà été touché par le gel, et la baisse structurelle des surfaces.

En Grèce, la production « devrait tourner aux alentours de 665 000 t cette année, donc proche du potentiel normal », a indiqué Eric Hostalnou. Contrairement à ses voisins européens, la Grèce n’a pas connu d’accident climatique mais un mois d’avril particulièrement froid et un mois de mai pluvieux, ce qui pourrait tout de même affecter les volumes ou la qualité des fruits récoltés.

« Cette épée de Damoclès qu’est la sécheresse »

Pour aller plus loin : Pêches : vers une récolte normale en France, moindre en Espagne