L'industrie européenne du vin s'est félicitée du retrait par les autorités chinoises des enquêtes anti-dumping et antisubventions sur les importations de vins européens, suite à l'accord à l'amiable entre des représentants des industries des deux bords. En contrepartie, l'industrie européenne a accepté d'apporter une assistance technique concernant aussi bien les équipements viticoles, les opérations de marketing que le système des indications géographiques.
Le 21 mars, la Chine a accepté de mettre un terme à ses enquêtes anti-dumping et anti-subventions qu'elle avait lancées en juillet 2013 sur les importations de vins européens, suite à un accord conclu le 18 mars entre le CEEV (Comité européen des entreprises de vin) et la CADA (China Alcoholic Drinks Association). En contrepartie de la levée des enquêtes par les autorités chinoises, l'industrie du vin de l'UE s'est engagée à fournir un certain nombre de programmes d'assistance technique à la partie chinoise dans des domaines tels que la viticulture (vignes expérimentales et techniques de mécanisation), la vinification et les contrôles de qualité, les méthodes de marketing, de dégustation de vin ainsi que le système de protection des indications géographiques. Cette assistance sera fournie à travers des activités telles que l'hébergement de visites d'étude en Europe, de séminaires et d'autres activités de formation et de stages. L'industrie du vin chinois, de son côté, aidera l'industrie de l'UE à organiser des dégustations de vins européens en Chine, afin d'améliorer la connaissance du vin parmi les consommateurs chinois, et de promouvoir l'appréciation du vin et de sa culture.
ORGANISER DES ÉCHANGES D'INFORMATIONS
Les deux parties vont mettre en place des échanges d'information et de communication permanents, assurer un suivi de la mise en œuvre de leur coopération et collaborer au niveau international sur les meilleurs moyens d'améliorer les conditions d'accès au marché des pays tiers. Ces programmes d'assistance technique et de coopération devraient durer pendant une période initiale de deux ans. Le président du CEEV, Jean Marie-Barillère, s'est déclaré très satisfait du retrait de la plainte des Chinois et a indiqué que les exportateurs européens seront désormais en mesure de poursuivre leurs activités sur un marché qui est stratégique « dans des conditions de concurrence loyale avec des vins nationaux et des vins importés de pays tiers ». Le commissaire européen à l'agriculture, Dacian Ciolos, a également salué le compromis euro-chinois et a indiqué que les deux parties ont renforcé leur collaboration et leur coopération dans le secteur agricole au cours des quatre dernières années. Il s'est dit « impatient de travailler avec ses homologues du gouvernement chinois pour construire sur ce bon résultat ». Son collègue du commerce extérieur, Karel De Gucht, a également salué l'accord qui, selon lui, va permettre à l'industrie du vin de l'UE de « continuer d'exporter ses produits de qualité en Chine et cela dans un environnement de concurrence loyale ».
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ENQUÊTES CHINOISES INFONDÉES, SELON BRUXELLES
Le 1er juillet 2013, les autorités chinoises avaient ouvert une enquête anti-dumping et anti-subvention sur les exportations de vins européens vers la Chine. L'UE a été obligée de fournir à Pékin des réponses complètes aux demandes de renseignements pour les enquêtes sur le dumping et les subventions prévues dans le cadre du cadre de l'OMC. Celles-ci ont été soumises à la Chine dans la seconde moitié de 2013. Même si la Commission européenne a toujours défendu l'idée que la demande d'enquête introduite par la Chine était infondée et qu'il n'y avait pas de préjudice subi par les producteurs de vin chinois qui pouvait être imputé aux importations de vins européens sur le marché chinois. La Commission était également convaincue que les aides accordées au secteur vitivinicole de l'UE étaient entièrement compatibles avec les règles de l'OMC. Parallèlement à l'enquête, un dialogue « Business to Business » (B2B) entre l'industrie du vin européen (représenté par le CEEV) et l'industrie du vin chinois (représentés par la CADA) avait été lancé en novembre 2013 à Pékin. Ce processus de dialogue « B2B » a été encouragé et soutenu par la Commission et par le gouvernement chinois.
Au cours des six dernières années (2007-2012), le marché du vin en Chine a connu une croissance très importante. Les exportations de vin de l'UE vers la Chine se sont élevées en 2012 à 764 millions d'euros (dont 71 % pour la France (546 millions d'euros), 11,7 % pour l'Espagne (89 millions), 10,1 % pour l'Italie (77 millions) de l'ensemble des exportations de vin de l'UE qui s'élevaient à 8,865 milliards d'euros (8,6 %).