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Solidarité Pénurie de lait pour les banques alimentaires

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Les dons de lait aux associations caritatives diminuent sous l’effet de la baisse de la collecte laitière. Dans le même temps, les fonds européens ne suivent pas l’augmentation de la demande.

Les Banques alimentaires manquent de lait sur l’ensemble du territoire. « Nous sommes dans une situation tendue, mais sans décisions politiques à la rentrée, il n’y aura plus du tout de lait », alerte Laurence Champier, responsable de la communication des Banques alimentaires. La baisse de la collecte laitière en France (6% en dessous de son quota pour 2012-2013, selon Agreste) ne permet plus de dégager de surplus donné aux associations caritatives. « C’est une manne de 8 millions de litres de lait qui est en train de disparaître », chiffre-t-elle. La situation ne va pas s’améliorer avec la fin des quotas laitiers, prévue pour 2015 : par définition, les dépassement de quota n’existeront plus.
« Les surplus n’existent plus, et il n’y a pas d’incitations fiscales pour que les agriculteurs puissent donner leur lait. Donc ils préfèrent le vendre, même à bas prix, plutôt que de le donner », constate Laurence Champier. Les associations caritatives et la FNSEA, via son association Solaal, essayent de convaincre le ministère des Finances de mettre en place un mécanisme pour que les agriculteurs puissent bénéficier de déductions fiscales lorsqu’ils donnent leur lait transformé.

Des appels aux dons dans toute la France

Les associations doivent également faire face « à une baisse des aides européennes » : si un compromis a été trouvé concernant le Fonds européen d’aide aux démunis, les montants sont loin de ce que demandaient les associations, qui voient augmenter le nombre de demandeurs qui frappent à leurs portes.

Dans toute la France, les Banques alimentaires ont organisé des appels aux dons de lait dans les supermarchés ou auprès des coopératives laitières. Dans d’autres, on rationne : « Lorsqu’avant on donnait trois litres à une famille, on n’en donne plus qu’un », explique Laurence Champier. À Metz, l’association a même lancé un appel aux dons financiers pour acheter du lait, une méthode qui n’est pas dans ses habitudes. « On a comme principe de ne donner que ce que l’on a, mais le lait est un produit symbolique : on essaie d’en donner par tous les moyens ».

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