L’excellente performance du premier semestre ainsi que la « très bonne » activité observée en janvier et février permettent au groupe Pernod Ricard d’anticiper non pas seulement une croissance à deux chiffres de son résultat net courant sur l’année, mais plutôt « d’environ 20 %, hors effet devises et si les conditions actuelles de marché se maintiennent », selon les termes employés par Patrick Ricard la semaine dernière.
Dopé par son portefeuille de marques premium et par la mise en œuvre rapide des synergies liées à l’acquisition d’Allied Domecq, le groupe n’en a pas moins déçu les analystes qui attendaient mieux que la progression de 18 % annoncée du résultat net courant à taux de change constants. Au premier semestre, Pernod Ricard dégage en fait un bénéfice net de 500 millions d’euros, en augmentation de 2,4 %, mais ce résultat inclut des éléments non courants.
L’activité a fortement progressé sur ce semestre, comme déjà annoncé fin janvier : 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit +9,7 % de croissance interne, dont +14 % pour les marques clés et surtout le résultat opérationnel courant a progressé deux fois plus, à 866 M EUR (+20 %), le taux de marge gagnant encore 230 points de base pour s’établir à 25,8 % du chiffre d’affaires. C’est là un effet vertueux de l’intégration rapide des marques d’Allied Domecq, générant la totalité des synergies attendues, avec 135 M en six mois. Si aucune région n’a fait défaut pour améliorer ce score, les devises ont eu un effet négatif de 40 M sur ce résultat. A taux de change constant, le résultat net courant ressort à 529 M EUR (+18% par rapport au 1er semestre de l’exercice précédent), et ce en dépit de la cession des activités profitables de restauration rapide de Dunkin’ Brands.
De plus en plus de profits des marques premium
Le taux de marge brute est passé à 60 % du chiffre d’affaires, soit un mieux, en un an, de 50 points de base alors que le groupe subissait la hausse des coûts de l’alcool et de l’énergie. Appliqué au Top 15 des marques du groupe, le même indicateur a gagné jusqu’à 110 points de base, signe de la « premiumisation » de ces marques : cela va même jusqu’à 170 points de base pour Perrier-Jouët, 290 pb pour Martell et 390 pb pour Ballantine’s !
Autres atouts, les dépenses de publicité et de promotion ont pu être renforcées tout en pesant moins en proportion du chiffre d’affaires. Succès éclatant de la mise en œuvre prévue des synergies, les frais de structure ne représentent plus que 14,6 % du chiffre d’affaires, contre 16,3 % un an plus tôt.
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La France redresse la tête
Cette croissance du résultat, a commenté Pierre Pringuet, directeur général délégué, est très liée à l’internationalisation du groupe : en dépit de la baisse du dollar, 53 % des profits sont désormais tirés des zones à forte croissance que sont l’Asie et les Amériques, contre 37 % en Europe et 10 % en France et cela ne fera que s’accentuer à l’avenir, prévient le groupe.
Les ventes en Asie, en hausse de 11,3 %, dégagent un résultat courant proche de 20 % du chiffre d’affaires, aux Amériques comme en Europe ce taux avoisine les 28 %, mais c’est en France qu’il a le mieux évolué, passant de 19,5 à 23,2 % en un an. En Europe, toutes les marques du Top 15 progressent fortement, à l’exception de Ricard à la frontière espagnole et de Jacob’s Creek en Grande-Bretagne.
La nouveauté en France tient au redressement de Ricard et de sa part de marché dans un contexte de stabilisation globale de ce segment. Et si le résultat s’est amélioré, cela est dû à la très forte réduction des frais de structure, jointe au décalage de certaines campagnes sur le deuxième semestre alors que les ventes se réveillaient au dernier trimestre.