La CGT et la direction de Nestlé sont parvenues dans la douleur à un accord concernant le site de Vergèze.
Après 18 mois de rapport de force, la CGT a finalement cédé aux pressions. Le syndicat a en effet signé avec la direction de Nestlé Waters un accord relatif aux pré-retraites et à l’organisation du travail sur le site de Perrier à Vergèze (Gard), auquel il s’était toujours farouchement opposé. La recherche de productivité est en effet une priorité sur ce site qui a perdu l’an dernier 7,4 millions d’euros. Pour y parvenir, une réduction d’effectif était donc inévitable pour le groupe. « Nous souhaitons augmenter la productivité de Perrier de 25 % à 30 % et atteindre un seuil de rentabilité de 5 % », avait expliqué Richard Girardot, président de Nestlé Waters France, un mois plus tôt.
Un collectif s’est insurgé contre la CGT
Face à la radicalisation des positions de la CGT, ultra-majoritaire à Vergèze avec 83 % des salariés, le groupe avait plusieurs fois brandi les menaces de délocalisation, de multisourcing voire de cession de marque, dénonçant « l’obstruction systématique de la CGT ». Un chantage qui a manifestement payé puisqu’à l’approche d’un comité d’entreprise extraordinaire, initialement prévu le 2 mai et finalement repoussé, la pression s’est accrue sur la centrale syndicale. Un « collectif des salariés », fort de plus de 400 signatures, s’est en effet constitué, estimant que le temps était « compté » pour les 1975 salariés (Perrier et Verrerie du Languedoc), pour demander la renégociation de cet accord, dit GPEC-CATS, pour lequel elle avait fait jouer son droit d’opposition en juillet dernier.
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Cession ou délocalisation ne sont plus d’actualité
Au terme de plusieurs jours de tractations avec la direction, la CGT a donc finalement soumis sa signature à l’approbation d’une assemblée générale des personnels qui s’est prononcée à une large majorité en faveur de l’accord. « La CGT a pris la mesure des menaces, a déclaré Jean-Paul Franc, secrétaire général CGT de la source Perrier, devant les salariés. Nous allons signer la main lourde». « La cession tout comme la délocalisation n’est désormais plus d’actualité », a de son côté affirmé Richard Girardot, soulagé de la signature de cet accord déjà mis en place sur les autres sites de production du groupe. Le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, et le ministre délégué aux Relations du travail Gérard Larcher ont quant à eux « pris acte avec satisfaction de cet accord (...), qui préserve l’emploi dans cet établissement ».
Objectif : 1 milliard de bouteilles par an d’ici 2010
Ce texte signé permettra le départ en pré-retraite de 356 personnes d’ici 2007, et une organisation du travail en équipes décalées. L’accord, ratifié par toutes les organisations syndicales, comprend également un volet prolongeant à 27 mois contre 15 le maintien des statuts collectifs d’avant la filialisation pour les adapter au nouveau statut. L’objectif est de porter la production actuelle de 800 millions de bouteilles par an à 1 milliard de bouteilles d’ici 2010, soit le niveau que le site connaissait il y a une quinzaine d’années, 450 000 à 500 000 en verre et le reste en plastique.