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PRODUITS LAITIERS/UE Perspectives positives pour le marché laitier en 2012 mais fortement liées aux exportations

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« Les perspectives commerciales pour 2012 sont plutôt positives, bien qu’il soit possible que les prix du lait ne se maintiennent pas aux niveaux considérablement élevés de 2011. Le marché européen du lait, avec sa production croissante, sera fortement lié au marché international ». Ce sont en substance les principaux enseignements que l’on peut retenir de l’analyse que vient de publier l’European Dairy Association (EDA), le lobby de l’industrie laitière européenne, sur « Les perspectives de développement en 2012 du marché européen des produits laitiers. » Une analyse qui affirme toutefois que les perspectives d’exportations dépendront de la production mondiale de lait, des performances de l’économie mondiale, sans oublier les taux de change : des facteurs tous plus incertains les uns que les autres.

L’année « 2012 fait suite à deux années de conditions de marché d’une stabilité sans précédent, donnant lieu à de grandes espérances dans le secteur. La demande a absorbé des volumes croissants de lait à des prix considérablement plus élevés que la moyenne à long terme. Les échanges internationaux de produits laitiers ont augmenté à un rythme plus soutenu que les années précédentes. Les prix du lait ont connu une hausse mondiale et ont stimulé la production de lait, notamment dans les pays exportateurs. Les stocks ont été réduits à des niveaux marginaux. En 2012, les livraisons de lait continueront d’augmenter et le développement du marché sera fortement lié aux perspectives d’exportations ». L’optimisme est donc plutôt de mise pour l’EDA, mais il est tempéré par des incertitudes qui demeurent quant à la demande en 2012. Sera-t-elle suffisamment robuste pour garder un équilibre sur le marché, au vu d’une détérioration potentielle de l’environnement économique mondial résultant des crises de la dette ?, se demandent les auteurs du rapport.

Les quotas poseraient de nouveau des problèmes
Après la forte hausse des volumes de lait dans certains États membres en 2010 et 2011, le système des quotas pourrait à nouveau limiter la production selon l’analyse de l’industrie laitière européenne. Les Pays-Bas, le Danemark, l’Autriche, l’Irlande, l’Allemagne et même la France n’auraient pas, ou pas suffisamment, d’espace pour augmenter la production dans les limites des quotas. En Europe orientale, les plafonds pour les quotas seraient très éloignés et la croissance de la production laitière pourrait se poursuivre. Les experts estiment que les livraisons européennes de lait augmenteraient de 1% en 2012. La transformation du lait n’a pas suivi la tendance de cette dernière décennie, où la part du lait transformé en fromage n’a cessé d’augmenter et où la production de beurre et de lait écrémé en poudre a diminué. Les livraisons de lait augmentant plus rapidement et la croissance de la production de fromage étant plus modeste, il restait davantage de lait pour produire du beurre et du lait écrémé en poudre. Le marché du fromage n’a pas absorbé l’intégralité du volume additionnel de lait, et plus de lait s’est vu transformé en lait écrémé en poudre et en beurre.

Croissance modeste des produits frais
En 2011, une légère augmentation de la production et de la consommation de lait liquide, crème de lait et produits fermentés a été observée. Les intempéries durant l’été ont eu un effet négatif sur la consommation en juillet et août. Les exportations vers les pays tiers ont démontré une tendance à la hausse, mais elles se situent encore à un niveau très bas par rapport à d’autres produits laitiers. En 2012, la croissance modeste des produits laitiers frais pourrait se poursuivre. La production de fromage s’est accrue en 2011, conformément à sa tendance à long terme, mais dans une moindre mesure qu’en 2010, année record. La consommation intérieure s’est amplifiée, tandis que les exportations vers les pays tiers ont stagné. Sur le marché international, l’on a pu observer une concurrence plus forte des Etats-Unis, du Belarus et de l’Amérique du Sud. La demande de la Russie, plus grand importateur de fromage au monde, est restée statique. Durant les premiers mois de l’année, les prix du fromage ont connu une augmentation rapide, avec des exportations extraordinairement fortes. Par la suite, les exportations se sont atténuées, et les prix du fromage se sont rectifiés. Les recettes provenant de la fabrication fromagère ont été soutenues par les gains élevés de son co-produit, le lactosérum. La demande de poudre de lactosérum et de dérivés de lactosérum, émanant du marché tant intérieur qu’international, était forte, alors que les approvisionnements étaient limités. L’industrie laitière estime qu’en 2012, la production de fromage reprendrait son envol. La consommation intérieure continuerait son parcours de croissance et les possibilités d’exportations vers les pays tiers pourraient jouer un rôle crucial pour le développement de l’ensemble du marché des produits laitiers.

Le marché du beurre dépendant des possibilités d’exportation
L’analyse d’EDA affirme qu’en 2011 le marché du beurre a connu des développements extraordinairement forts. Les prix du beurre ont atteint leur niveau le plus élevé depuis le milieu des années 1980. Au premier semestre, les approvisionnements de beurre étaient faibles, avec des prix élevés. Plus tard, quand la production s’est redressée et que les prix ont baissé pour se stabiliser, le marché a retrouvé un certain équilibre. Les prix européens du beurre ont décroché par rapport au marché international et un écart de prix considérable s’est creusé entre l’UE et d’autres sources. En conséquence, les exportations européennes de beurre vers les marchés internationaux se sont contractées pour atteindre approximativement 120.000 tonnes, le volume le plus bas depuis le milieu des années 1970. En 2012, la situation sur le marché du beurre pourrait se compliquer. En réaction aux prix élevés de 2011, il est possible que les utilisateurs industriels se soient préparés à remplacer le beurre par des matières grasses végétales, au vu de la réticence des distributeurs à accepter les ajustements de prix en cas de hausse du coût des ingrédients. Le volume de beurre produit dépendra des possibilités d’exportations pour le fromage et le lait entier en poudre. Si la production de ces produits absorbe davantage de matière grasse butyrique, les approvisionnements en beurre en seront réduits, et les prix resteront élevés. Si les exportations de fromage et de lait entier en poudre sont moins favorables, le beurre sera disponible en plus grandes quantités. Dans ce cas, une correction de prix est probable.

Perte de parts de marché pour le lait entier en poudre
En 2011, les recettes pour le lait entier en poudre n’ont pas suivi celles des autres produits laitiers, tels que le fromage ou la combinaison du beurre et du lait écrémé en poudre. La production et les exportations européennes de lait entier en poudre ont diminué. Le commerce international du lait entier en poudre a augmenté. Dans ce marché en expansion, l’UE a néanmoins perdu des parts de marché, alors que l’approvisionnement depuis la Nouvelle- Zélande et l’Amérique du Sud a connu une ascension. Le développement du marché en 2012 sera fortement lié aux perspectives d’exportations.

L’UE plus grand fournisseur de LEP du monde
En 2011, les échanges mondiaux de lait écrémé en poudre ont connu la croissance la plus forte de tous les produits laitiers. Avec des exportations estimées à 500 000 tonnes, soit plus du double de 2009 et l’approvisionnement le plus élevé en plus de 20 ans, l’UE est devenue le plus grand fournisseur au monde. Les principales destinations étaient l’Algérie, l’Egypte et l’Indonésie. Les exportations vers d’autres pays asiatiques ont augmenté avec des taux de croissance élevés. Ces approvisionnements élevés ont été possibles en raison d’une augmentation de la production de plus de 100 000 tonnes et d’une réduction des stocks d’intervention de 140 000 tonnes. La consommation sur le marché intérieur a connu une légère hausse. L’utilisation dans le secteur des aliments pour les veaux est notamment redevenue plus rentable après de fortes hausses de prix des composants de lactosérum. En 2012, la disponibilité de lait écrémé en poudre sera probablement plus faible que l’année précédente. Cette année débute avec des stocks d’intervention à hauteur de 54 000 tonnes, soit 140 000 tonnes de moins qu’un an auparavant. Cette réduction des stocks ne sera vraisemblablement pas compensée par les hausses de production. La production de lait écrémé en poudre sera stable ou en légère augmentation, en fonction des évolutions dans la production de fromage et de lait entier en poudre. Des exportations fortes sont encore nécessaires pour équilibrer le marché, mais pas dans la même mesure qu’en 2011. Au début de l’année 2012, la demande marquée au niveau international s’est poursuivie.

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