Les communautés locales durement éprouvées par le raz-de-marée du 26 décembre en Asie du sud-est seront confrontées à de graves problèmes de sécurité alimentaire à court et à long terme du fait de la perte de parents, de biens et de sources de revenus, selon la FAO, qui indique également que les perspectives de récoltes se sont assombries dans les régions agricoles touchées par le tsunami puis par des pluies torrentielles. On estime à 2 millions les personnes qui ont besoin d’aide alimentaire d’urgence dans les douze pays sinistrés, ajoute l’organisation de l’Onu, précisant toutefois que, en dépit de pertes de production localisées, les disponibilités régionales sont, dans leur ensemble, adéquates pour couvrir les besoins en nourriture.
De larges quantités de riz sont disponibles dans la région. Aussi est-il préférable de s’approvisionner, dans la mesure du possible, sur place pour couvrir les besoins alimentaires des différents pays sinistrés et ce, afin de ne pas perturber les marchés internes, souligne la FAO. Mais les difficultés logistiques dues à la destruction de nombreuses infrastructures – notamment les routes -– et l’absence de moyens de transport appropriés entravent la distribution des denrées alimentaires aux populations sinistrées.
La pêche et l’agriculture dans les régions côtières ont été gravement touchées par le raz-de-marée. « Les efforts de relèvement doivent cibler en priorité les agriculteurs et les pêcheurs de ces régions afin qu’ils puissent, grâce à une assistance efficace, reprendre leurs activités le plus tôt possible et compter ainsi sur leurs propres moyens pour se nourrir. Grâce à l’aide internationale, l’agriculture et la pêche devraient pouvoir se remettre de la catastrophe », selon la FAO.
Premier bilan agricole
– En Indonésie, les infrastructures ont été balayées dans les régions les plus touchées par le tsunami, privant les populations d’eau, de denrées alimentaires et d’abris. Les provinces les plus dévastées – Aceh et Sumatra Nord sur l’île de Sumatra – figurent parmi les régions les plus vulnérables du pays, le tiers de leur population vivant au-dessous du seuil de pauvreté.
La principale campagne 2005 de riz paddy et de maïs, qui devait être moissonnée à partir de mars, était déjà sur pied lorsque le raz-de-marée a frappé Sumatra. L’île est le deuxième producteur de riz d’Indonésie. Aceh et Sumatra Nord assurent ensemble 10 % de la production nationale. L’impact du tsunami sur la production céréalière locale ou nationale n’a pas encore été évalué. Mais du fait de la production record de l’année dernière, les stocks suffisent à couvrir les besoins alimentaires des populations sinistrées.
– Au Sri Lanka, les districts côtiers de l’est et du sud figurent parmi les plus importantes régions productrices de riz paddy. La principale campagne 2005, qui représente 60 % de la production totale de riz, venait d’être plantée lorsque le tsunami est arrivé. Dans les régions orientales, de fortes pluies persistantes depuis la mi-décembre et des inondations ont également affecté les cultures de paddy. Les perspectives de récolte – celle-ci doit démarrer en mars – se sont détériorées. La situation alimentaire dans le pays, déjà tendue, pourrait s’aggraver davantage en 2005/06.
– La Thaïlandeest le plus grand exportateur mondial de riz. La principale récolte 2005 étant sur le point de s’achever, on estime que les disponibilités actuelles en riz sont suffisantes pour couvrir les besoins alimentaires immédiats dans les régions sinistrées de la Thaïlande et des pays voisins.
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Dans la région méridionale, y compris les provinces touchées par le tsunami, la moisson de la principale campagne 2004 de riz paddy était en cours lorsque le raz de marée balaya les zones côtières. Une évaluation des dégâts à l’agriculture n’est pas encore disponible, mais des pertes de récolte localisées devront être comptabilisées. L’ensemble de la région méridionale produit seulement 4 % de la récolte annuelle de riz paddy du pays. Aussi, les dégâts ne devraient-ils pas affecter outre mesure les perspectives de récolte au niveau national.
– En Inde, environ 90 % de la récolte annuelle de riz paddy poussent entre mai et novembre. Le tsunami n’a pas affecté les perspectives de production pour 2005. Les excédents en riz sont suffisants pour couvrir les besoins en aide alimentaire des régions les plus sinistrées du pays.
– Aux Maldives, l’agriculture remplit un rôle mineur dans l’économie nationale du fait de la pénurie de terres arables et de main d’œuvre locale. Les besoins en céréales – 40 000 tonnes par an en moyenne – sont normalement couverts par les importations commerciales. Toutefois, les dégâts aux habitations et aux infrastructures dans les secteurs du tourisme et de la pêche auront de graves conséquences au plan économique.
Le soutien de l’UE
La Commission européenne a décidé le 11 janvier de débloquer 14 millions d’euros en réponse un appel d’urgence du Programme alimentaire mondial (Pam). Ce montant doit permettre de procéder à l’achat local et régional de 30 000 tonnes de céréales pour les populations frappées par le raz-de-marée.
À ce stade, l’UE s’est engagée à octroyer 100 millions d’euros pour l’aide humanitaire et 350 millions pour la réhabilitation et la reconstruction à long terme des zones dévastées. À cela s’ajoutera une facilité de prêt de 1 milliard d’euros de la Banque européenne d’investissement (BEI). L’aide publique promise de la Communauté et des États membres (urgence et reconstruction) atteint globalement 1,5 milliard d’euros.
Sur le plan commercial, Bruxelles envisage d’accélérer la procédure d’adoption et la mise en œuvre du nouveau système européen des préférences généralisées (réduction ou suppression des droits de douane pour les importations en provenance des pays en développement), régime qui bénéficie notamment au Sri Lanka, à l’Indonésie, à la Thaïlande et à l’Inde).