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Peste porcine africaine : Bruxelles privilégie la biosécurité et la chasse

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Faute de vaccin à ce stade, la Commission européenne estime que la lutte contre la peste porcine africaine peut être contenue avec des mesures de biosécurité dans les élevages et la gestion des populations de sangliers, réservoirs de la maladie. L’exemple de la Belgique qui a vraisemblablement éradiqué la maladie lui donne espoir.

« Nous n’avons pas de vaccin aujourd’hui et il faut l’oublier car nous n’avons aucune idée de quand il sera disponible – si nous en trouvons un jour. Nous devons donc nous concentrer sur les mesures de biosécurité, la gestion des populations de sangliers et les campagnes de sensibilisation », a prévenu Francisco Reviriego Gordejo, conseiller de la Direction générale de la Santé de la Commission européenne sur la gestion des crises. Venu faire le point devant la commission de l’Agriculture du Parlement sur la situation de l’épidémie, il a rappelé que la maladie était actuellement officiellement présente dans douze États membres, dont l’Allemagne (1).

Mais selon lui, la situation en Europe est bien meilleure que dans le reste du continent eurasien et ce, grâce aux mesures de lutte mises en place dans les États membres. « La situation est dramatique en Allemagne. Les producteurs sont désespérés et il y a beaucoup trop de bêtes à abattre », a pourtant alerté l’eurodéputé Martin Häusling (Verts, Allemagne).

La maladie éradiquée en Belgique

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Si le représentant de la Commission européenne a admis que les services bruxellois étaient très frustrés par l’attitude de la Chine qui ne reconnaît pas le principe de régionalisation – bloquant toutes ses importations de porcs en provenance d’un État membre dès lors qu’un cas y a été découvert –, il s’est par contre montré positif sur les actions mises en place pour éviter la propagation de la maladie dans la faune sauvage. Francisco Reviriego Gordejo a d’ailleurs salué le dispositif belge (chasse, mise en place de clôture…) qui a, semble-t-il, permis d’éradiquer la maladie. Les experts européens qui ont accompagné les autorités sanitaires belges ont d’ailleurs été dépêchés en l’Allemagne où environ 90 sangliers porteurs du virus (répartis en deux foyers) ont été découverts depuis le mois de septembre.

Par contre, a estimé le représentant de la Commission, « je suis désolé de le dire mais nous n’avons plus besoin des petites exploitations porcines qui ne respectent pas les règles de biosécurité. Ce sont ces exploitations qui sapent les efforts faits par les autres éleveurs (petits ou grands) pour endiguer la propagation de la peste porcine africaine », dans des pays comme la Bulgarie ou la Roumanie. Il considère que les États membres ne devraient plus soutenir ces exploitations (souvent de tout petits élevages de basse-cour).

(1) Voir n° 3759 du 28/09/2020