Suite à la découverte de sangliers atteints par la peste porcine africaine à l’est de l’Allemagne, la Chine a décidé d’interdire l’intégralité des importations de porc en provenance du pays. Autorités allemandes et européennes tentent, en vain jusqu’à présent, de faire reconnaître le principe de régionalisation.
La Chine a annoncé le 12 septembre l’interdiction des importations de porc en provenance d’Allemagne après la détection d’un premier cas de peste porcine africaine deux jours auparavant (1). Cette mesure couvre également les importations indirectes et tous les produits à base de porc. Suite à cette décision, le cours du porc en Allemagne a chuté de 13,6 % en deux jours. L’Allemagne a représenté environ 14 % des importations chinoises de viande de porc jusqu’à présent cette année, alors que la production de la Chine a diminué d’environ 20 % depuis 2018 à cause de l’arrivée du virus dans le pays. Les exportations allemandes de viande de porc vers la Chine se sont élevées à 835 millions d’euros au premier semestre de cette année, contre 1,2 milliard d’euros pour l’ensemble de l’année dernière. Le ministère allemand de l’Agriculture a annoncé être en pourparlers avec les autorités chinoises pour faire reconnaître le principe de régionalisation et permettre les exportations depuis les régions non touchées par la maladie.
« Disproportionné et inacceptable »
Le président du DBV, principal syndicat agricole allemand, Joachim Rukwied a critiqué cette décision, la qualifiant de « clairement disproportionnée et tout simplement inacceptable ». Il a précisé qu’au-delà de la perte de marché pour les coupes de grande valeur, un gros problème est que la Chine achète des volumes importants d’oreilles, de pieds et de queues de porcs qui sont très peu consommés en Europe. Les observateurs estiment que les volumes d’exportations allemandes désormais bloquées devraient être redirigés sur le marché européen et d’autres grands fournisseurs tels que les États-Unis, le Brésil, le Danemark, les Pays-Bas et l’Espagne pourraient donc voir leurs exportations vers la Chine augmenter.
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La Commission européenne a adopté, dès le 11 septembre, une décision comportant des mesures de protection, notamment la régionalisation limitant les mouvements de porcs, de viande de porc et de sanglier et de tous les produits dérivés à partir de la zone touchée et imposant des mesures de biosécurité renforcées. « Cela va rassurer nos partenaires commerciaux qu’aucune viande ne quittera la zone touchée », souligne Bruxelles. Pourtant, après la Chine, la Corée du Sud, quatrième acheteur de viande de porc de l’UE (4 % des exportations allemandes), le Japon (3 %) mais aussi l’Argentine ont également annoncé une interdiction des importations de viande de porc en provenance d’Allemagne. Et, depuis, cinq nouveaux cas de sangliers contaminés par le virus de la peste porcine africaine ont été détectés dans la même région du Brandebourg, a annoncé le 15 septembre le ministère local de la Protection du consommateur.
(1) Voir n° 3757 du 14/09/2020