Le préfet de la Vienne a signé un arrêté accordant, pour trois ans, la possibilité de distribuer de l’eau potable malgré une concentration de résidus de fongicide supérieure à la limite de qualité, rapporte l’AFP le 29 septembre. Le résidu de fongicide en question est le métabolite du chlorothalonil R471811, classé « pertinent » par l’Anses et dont la limite de qualité est fixée à 0,1 μg/l (0,5 μg/l tous pesticides et métabolites confondus). L’arrêté signé le 11 septembre permet « de distribuer une eau dont la limite de qualité du métabolite R471811 (ainsi que la somme des pesticides) atteint 0,9 μg/l », selon l’AFP.
L’Anses avait tiré la sonnette d’alarme sur ce métabolite en avril, dans un rapport soulignant sa présence « dans plus d’un prélèvement sur deux » sur l’ensemble du territoire français. Le métabolite est issu de la dégradation dans l’environnement du chlorothalonil, un fongicide interdit en France depuis 2020 qui était utilisé sur les cultures de céréales, protéagineux, légumes et en viticulture.
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La Vienne, avec ses grandes plaines céréalières, souffre d’une pollution quasi généralisée de son eau potable par cette molécule. Au printemps, des concentrations supérieures à 2 μg/l, voire 5 μg/l, ont été relevées dans certains secteurs ruraux. Quelques captages ont dû être fermés en mai, dans l’ouest du département, car la valeur atteignait 7,5 μg/l, malgré des efforts de dilution avec d’autres nappes.
Le seuil sanitaire du métabolite chlorothalonil R471811 – au-delà duquel l’eau peut présenter un risque pour la santé et n’est donc plus consommable – est de 3 µg/L. Cette valeur sanitaire transitoire (VST) a été fixée par le ministère de la Santé, en attendant que l’Anses établisse une valeur sanitaire maximale (Vmax), explique l’Agence régionale de Santé des Hauts-de-France.