La Commission européenne s’apprête à proposer le relèvement de la limite maximale de résidus pour le fongicide tricyclazole dans le riz de 0,01 mg/kg à 0,09 mg/kg, pourtant interdit d’utilisation dans l’UE. Une décision vivement critiquée par les eurodéputés de la commission de l’Agriculture qui dénoncent de concert une nouvelle fois la différence de traitement entre producteurs européens et ceux des pays tiers.
Dans les faits, l’entreprise Corteva a, à deux reprises ces quinze dernières années, demandé à l’UE l’autorisation du tricyclazole. Mais, à cause de lacunes dans l’évaluation des risques et de questions sur sa sûreté, cette molécule n’a pas obtenu le feu vert des autorités sanitaires européennes. La limite maximale de résidus autorisée avait alors été fixée au seuil de détection de 0,01 mg/kg. Suite à une demande de Corteva en 2018 pour relever cette limite compte tenu de nouvelles données qui levaient les doutes sur son impact, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a conclu début 2023 que la limite de résidus pouvait effectivement être portée à 0,09 mg/kg. La Commission européenne l’a donc proposé aux experts nationaux du comité permanent sur la santé des plantes, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux au mois de mai. Aucune majorité qualifiée – pour ou contre – ne s’est dégagée. Bruxelles entend donc proposer un projet de règlement début septembre.
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« Deux poids-deux mesures », une « clause miroir à l’envers » : tous les groupes politiques au Parlement européen se sont insurgés lors d’une discussion sur le sujet organisée le 19 juillet. Mais la Commission européenne fait valoir ses obligations vis-à-vis de l’OMC où la sévérité de l’UE est déjà largement critiquée. Et elle assure que Corteva peut à tout moment déposer une demande d’approbation du tricyclazole dans l’UE qui, compte tenu des nouvelles données disponibles, devrait permettre son autorisation et donc son utilisation par les producteurs européens.