Alors que l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a estimé dans une évaluation du 27 septembre que l’herbicide flufénacet était un perturbateur endocrinien (du système thyroïdien), l’ONG PAN Europe demande, dans des lettres adressées le 7 novembre à la Commission européenne et aux ministres de l’Environnement de l’UE, d’en interdire l’usage. De plus, conclut l’Efsa, son utilisation conduit à une pollution des eaux au TFA (acide trifluoroacétique), un PFAS issu de sa dégradation dans l’environnement. En France, ces conclusions devraient obliger les autorités françaises à fixer un seuil de 0,1 microgramme par litre (µg/L) dans l’eau potable. « Les faits sont indéniables : le flufénacet présente des risques importants pour la santé humaine, la faune et l’eau potable. Nous exhortons la Commission européenne et les États membres à l’interdire dès maintenant, avant que des dommages supplémentaires ne soient causés », écrit-elle.
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Employé principalement sur céréales (blé, orge, seigle), le flufénacet est devenu, au fil des ans, un herbicide très utilisé dans l’UE. « Ses ventes ont doublé, voire triplé au cours des 10 dernières années dans plusieurs États membres, dont la France, l’Allemagne et la Belgique », souligne PAN Europe. Son autorisation court dans l’UE jusqu’au 15 juin 2025. Elle devait expirer initialement en 2013 mais, faute d’évaluation des risques complète, elle a été prolongée à titre dérogatoire à de nombreuses reprises – la dernière fois en 2023 pour 22 mois supplémentaires.