Les eurodéputés de la commission de l’Environnement se sont dits vivement préoccupés par les révélations de la récente étude montrant que plusieurs fabricants de pesticides (Bayer et Syngenta en l’occurrence) avaient soustrait à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) certains résultats défavorables par le passé. Les parlementaires ont auditionné le 18 juillet des représentants des firmes incriminées ainsi que les chercheurs suédois à l’origine de l’étude, la Commission européenne et l’Efsa. Pour la Commission européenne, il y a bien eu « une violation des obligations de ces entreprises » mais « c’est aux États membres d’imposer des sanctions si nécessaire ». La Commission européenne n’en a pas la possibilité légale. « Nous avons rappelé aux États membres leurs obligations en la matière lors d’une récente réunion en comité d’experts, a indiqué Claire Bury, directrice adjointe de la DG santé. Mais ces violations constatées il y a plusieurs années ne seraient plus possibles aujourd’hui, avec l’entrée en vigueur du règlement sur la transparence de l’évaluation des risques des pesticides qui répond selon nous aux problèmes identifiés ». La principale nouveauté est que toute étude lancée par une entreprise demandant une autorisation de mise sur le marché de l’UE est automatiquement notifiée à l’Efsa, et ses résultats, quels qu’ils soient, lui sont donc transmis.
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Les chercheurs suédois ont toutefois évoqué d’autres améliorations qui pourraient être apportées aux procédures européennes notamment une collaboration plus étroite avec les autres agences sanitaires dans le monde (États-Unis, Australie, Canada…) afin de ne laisser passer aucune étude. Ils proposent aussi que l’Efsa puisse mener ses propres études plutôt que de toujours se reposer sur celles menées par l’industrie. Mais les moyens financiers manquent pour cela, a une nouvelle fois regretté le directeur général de l’Efsa, Bernhard Url : « Il y a un vrai problème de ressources pour l’évaluation des risques liés aux pesticides en Europe. Le sujet est très médiatique et pourtant la différence de moyens avec les médicaments, par exemple, reste très importante ».