Dans un rapport présenté le 16 janvier en conférence de presse, Générations futures demande « un élargissement important des zones de non-traitement (ZNT) actuelles jusqu’à au moins 150 mètres » pour réduire l’exposition des populations rurales aux pesticides. L’association affirme que « plusieurs dizaines de mètres d’éloignement des zones pulvérisées par des pesticides ne suffisent pas à diminuer significativement les quantités de pesticides présentes dans l’air », ce qui rend inefficaces les ZNT aujourd’hui fixées à 5, 10 ou 20 mètres.
Elle s’appuie sur les résultats de sa dernière campagne de prélèvements et d’analyse des pesticides de l’air en zone agricole menée en 2023, dans trois départements (Nord, Gironde, Rhône) avec un protocole renforcé (cinq capteurs au lieu de deux sur chaque parcelle, et un capteur de contrôle en milieu urbain). L’association observe que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, les concentrations de pesticides relevées au centre des trois parcelles test sont « souvent très importantes » malgré les distances de 35, 57 et 70m jusqu’au champ traité le plus proche.
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Elle s’inquiète aussi des « cocktails » de pesticides auxquels les riverains sont exposés. « Jusqu’à 35 pesticides différents ont ainsi été fixés par nos capteurs durant une période de seulement 7 semaines ! », indique le rapport. « Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire d’agriculture dans ces 150 mètres, ça veut dire qu’il faut réorienter les conversions et les installations, en bio de préférence, dans ces zones-là », a déclaré le porte-parole François Veillerette.
Par ailleurs, l’association demande que les registres d’épandage des agriculteurs « soient tenus par voie électronique et consultable librement en ligne par le public ».