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Pesticides : la rapporteure du Parlement européen propose de renforcer encore les objectifs

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Au contraire des ministres de l’Agriculture ou des eurodéputés de la commission de l’Agriculture, la Verte Sarah Wiener, rapporteure du Parlement européen sur le futur règlement sur l’utilisation durable des pesticides, veut renforcer les dispositions proposées par Bruxelles. Elle souhaite notamment un objectif de réduction de 80 % des pesticides les plus dangereux.

L’Autrichienne Sarah Wiener (du groupe des Verts), en charge au nom du Parlement européen du dossier de la directive sur l’utilisation durable des pesticides, propose dans son projet de rapport qui vient d’être rendu public de renforcer certaines des dispositions prévues par la Commission européenne. Elle suggère notamment que, outre l’objectif de réduction de 50 % de l’utilisation et des risques liés aux pesticides, un objectif de -80 % soit fixé pour les molécules les plus dangereuses. « Ces pesticides représentent une menace sérieuse pour la santé et devraient être éliminés progressivement depuis 2015 », justifie-t-elle. Elle propose également de porter la largeur générale des bandes tampons à 10 mètres (contre 3 m dans la proposition de la Commission européenne). En ce qui concerne les zones sensibles, Sarah Wiener estime, comme l’a déjà suggéré la Commission européenne, qu’il faut d’exclure de leur définition les zones sensibles aux nitrates.

Lire aussi : Pesticides : les États membres demandent à Bruxelles une étude d’impact complémentaire

Autre proposition de Sarah Wiener : décaler la période de référence à 2018-2020 (contre 2015-2017), « afin de décrire la situation directement avant l’entrée en vigueur du règlement ». La définition de la période de référence est souvent discutée par les États membres qui ont fait des efforts de réduction de leur utilisation de pesticides depuis plusieurs années et qui considèrent qu’ils devraient être moins contraints que les autres. Mais pour la rapporteure parlementaire, « la période de référence doit être aussi représentative que possible, car les extrêmes et les fluctuations croissantes des températures et des précipitations dues au changement climatique ont un impact important sur les maladies et les ravageurs, et donc aussi sur l’utilisation des pesticides ». Elle estime aussi que le calendrier proposé par la Commission européenne est trop lent et pourrait conduire à la fixation finale des objectifs dans le courant de l’année 2027 seulement.

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Indicateurs et contre-propositions

Enfin, Sarah Wiener estime que l’indicateur de risque harmonisé 1, destiné à contrôler le succès des objectifs de réduction du futur règlement, doit être adapté pour mieux refléter le risque réel associé à l’utilisation des pesticides. Selon elle, l’indicateur actuel sous-estime systématiquement le risque des pesticides hautement efficaces (typiquement caractérisés par de faibles volumes d’application et de vente), par rapport aux substances naturelles.

Ces propositions vont maintenant être discutées au sein de la commission parlementaire de l’Environnement, alors que celle de l’Agriculture prépare de son côté un avis (non contraignant) qui devrait, lui, au contraire fortement réduire les ambitions initiales de la Commission européenne. Au niveau du Conseil de l’UE, les ministres de l’Agriculture qui sont en charge du dossier ont demandé à Bruxelles de réaliser, d’ici le mois de juin, une nouvelle étude de l’impact de ses propositions pour tenir compte du contexte de la guerre en Ukraine.