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Pesticides : les chercheurs alertent sur la persistance des résidus dans les sols

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Une étude publiée fin mai par une équipe de chercheurs de l’Inrae dans la revue Environmental Science and Technology « réduit le manque de connaissance concernant la dispersion des pesticides dans l’environnement », et en particulier dans les sols. D’après l’analyse menée sur 47 sites d’échantillonnage comprenant des champs, des prairies et des forêts, 83 % des sols présentent des résidus d’au moins 3 molécules sur les 111 recherchées. Parmi les surprises des chercheurs, « treize molécules ont été retrouvées dans les sols prélevés dans les prairies ou en forêts, qui n’avaient pas été traités ». C’est un produit de dégradation du glyphosate, l’AMPA, qui est la molécule la plus fréquemment détectée (83 % des échantillons), immédiatement suivi par le glyphosate lui-même (70 %). Dans 58 % des cas, les concentrations détectées présentent par ailleurs un risque moyen à élevé pour les vers de terre, utilisés comme indicateur d’écotoxicité. Sur la base d’enquêtes sur les pratiques, les chercheurs ont aussi retrouvé 25 molécules dans les sols au-delà de la durée théorique de dégradation telle que prévue dans les études des dossiers d’autorisation. Un résultat qui, défend l’étude, devrait entraîner une révision des procédures d’homologation pour s’assurer des mécanismes de persistance dans des conditions réelles de production ». Alors qu’un cadre européen sur la santé des sols est en discussion, les molécules préoccupantes « devraient être prises en compte », insistent les scientifiques.

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