En conférence de presse le 27 mai, le réseau européen d’action contre les pesticides (Pan Europe) et ses membres, dont l’association française Générations futures, ont révélé « des niveaux alarmants » d’acide trifluoroacétique (TFA) – issus la dégradation de per- et polyfluoroalkylés (PFAS) – dans les eaux européennes. Cette découverte est le résultat d’une enquête menée sur 23 échantillons d’eau de surface et six d’eau souterraine provenant de dix pays de l’UE. Résultat : les concentrations moyennes de TFA dans les échantillons d’eau atteignent 1180 nanogrammes par litre (ng/l), soit 70 fois plus que la moyenne l’ensemble des autres PFAS examinés (17,5 ng/l). « 79 % des échantillons présentaient des niveaux de TFA supérieurs à la limite de 500 ng/l proposée par la directive européenne sur l’eau potable pour l’ensemble des PFAS », alerte par ailleurs le rapport.
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À l’AFP, Pauline Cervan, toxicologue chez Générations Futures, précise d’ailleurs que les pesticides PFAS dans les zones rurales sont « le principal responsable de la pollution diffuse au TFA » en Europe. Reste que le TFA est aujourd’hui classé comme « non pertinent » par les autorités européennes et échappe donc au seuil limite de 100 ng/l fixé pour certains pesticides et produits issus de leur dégradation dans les eaux souterraines. Un choix que regrettent les associations, rappelant « une absence de connaissance, que ce soit sur la toxicité sur l’humain ou l’environnement » de cette substance. Prônant le principe de précaution, les associations « exigent » notamment « la classification du TFA comme un métabolite pertinent et une substance prioritaire », et une interdiction « rapide » des pesticides PFAS.