Le commissaire européen à la Sûreté alimentaire, Oliver Varhelyi, espère que sa proposition de paquet omnibus de simplification de la législation sur les pesticides pourra être adoptée rapidement, dans l’idéal avant l’été. Pour y parvenir, il promet de se montrer flexible. Il faudra, en effet, faire preuve de flexibilité. Comme l’ont montré les remarques des ministres de l’Agriculture lors d’un débat sur le sujet le 26 janvier à Bruxelles, ce vaste chantier est loin de faire l’unanimité. Concernant les limites maximales de résidus (LMR), la ministre française, Annie Genevard, a demandé l’abaissement automatique de celles-ci lorsqu’une molécule est interdite dans l’UE pour des risques sur la santé ou l’environnement. La Commission européenne propose, pour l’instant, de traiter les dossiers au cas par cas. L’Espagne, notamment, soutient la France sur ce point. Son ministre, Luis Planas, estime aussi que la révision des règles sur la commercialisation des produits phytosanitaires devrait être séparée de ces discussions car elle « va au-delà de la simplification ». Le Danemark, pour sa part, ne voit pas quel avantage il y aurait à accorder des autorisations illimitées à des pesticides. Il demande une analyse d’impact de la proposition. Plusieurs pays (Finlande, Pologne, Estonie, Lituanie) critiquent pour leur part l’inclusion des semences traitées dans le nouveau dispositif considérant qu’il ne s’agit pas d’une simplification, au contraire.
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Les experts des États membres, au sein du groupe de travail dédié à la simplification Antici, commenceront à discuter de ce paquet lors de leur réunion du 2 février. Au Parlement européen, la répartition des responsabilités sur ce dossier entre les différentes commissions (environnement, agriculture…) devrait, elle, être tranchée le 4 février par la conférence des présidents.
Mais les ONG continuent, elles, de contester cette proposition. Un avis juridique, commandé par plusieurs d’entre elles (ClientEarth, Foodwatch, Pesticide Action Network…) émet de « sérieux doutes » quant à sa compatibilité avec le principe de précaution contredisant la jurisprudence de la Cour de justice de l’UE.