L’association PAN Europe (Pesticide Action Network) a lancé le 24 mai une campagne appelant les États membres de l’UE a « immédiatement interdire les douze pesticides candidats à la substitution les plus toxiques » (dont la cyperméthrine ou le tébuconazole). Dans le cadre du règlement de 2009 sur la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, l’UE avait identifié 55 molécules préoccupantes candidates à la substitution. Mais selon une étude menée par l’ONG qui a analysé quelque 97 000 échantillons de fruits et légumes frais, alors qu’en 2011, « 18 % des fruits étaient contaminés par ces pesticides candidats à la substitution, ce chiffre est passé à 29 % en 2019 ». En moyenne, la tendance montre une augmentation de 53 % sur neuf ans pour les fruits, constate-t-elle. La progression est plus faible pour les légumes avec un taux de 11 % en 2011 contre 13 % en 2019. Les cinq fruits et légumes présentant le plus fréquemment des résidus de candidats à la substitution sont les mûres (51 %), les pêches (45 %), les fraises (38 %), les cerises (35 %) et les abricots (35 %).
PAN Europe demande donc à la Commission européenne de veiller à ce que les lignes directrices en matière de substitution fassent l’objet d’une révision indépendante d’ici à la fin de l’année 2022, afin de favoriser les alternatives non chimiques. L’ONG souhaite également que les États membres commencent à interdire tous les produits pesticides contenant des candidats à la substitution et rendent compte de leurs progrès à la Commission européenne et au public. Autres exigences : la Commission européenne doit mettre fin aux extensions continues de l’approbation de ces substances à partir d’aujourd’hui et doit adopter une politique de zéro résidu dans les aliments d’ici 2035.
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