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Pesticides : « toujours pas » de registre national des cancers, regrette un chercheur

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Invité à une table-ronde sur l’agriculture biologique et la santé au colloque de l’Itab le 10 juin, le chercheur à l’Inserm Pierre Lebailly a regretté l’absence de registre national des cancers en France pour renforcer la recherche sur les conséquences des pesticides. « Les pays scandinaves ont des registres nationaux de cancers depuis les années soixante, et nous en France, on n’en a toujours pas », a déclaré le coordinateur de la cohorte de population Agrican, objet d’une étude de long terme sur les liens entre cancers et expositions professionnelles agricoles. Pierre Lebailly explique qu’en France, le suivi des personnes atteintes d’un cancer est très partiel car il dépend des départements qui ont créé leur propre registre, ou des cohortes scientifiques. « C’est compliqué d’avoir une information de qualité sur les cancers », lâche-t-il.

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Une proposition de loi visant à créer un registre national des cancers a été adoptée au Sénat en juin 2023, mais elle n’a pas encore été discutée à l’Assemblée. Selon la commission sénatoriale des affaires sociales, seule 22 % de la population française est couverte par un registre général départemental des cancers. « La France affiche un certain retard sur ses voisins en termes de couverture de son territoire par des registres des cancers », souligne la commission dans son rapport. D’après le document, seuls la France, l’Italie, l’Espagne, le Luxembourg et la Roumanie n’ont pas l’ensemble de leur population couverte par un registre des cancers.

Une proposition de loi en suspens, adoptée au Sénat en 2023