Redoutant une possible interdiction de l’herbicide prosulfocarbe, la CR a lancé un ultimatum le 7 septembre. « La Coordination rurale donne un mois à l’Anses et au gouvernement pour trouver une solution adaptée » dans ce dossier, a déclaré lors d’une conférence de presse Patrick Legras, membre du comité directeur. Un réexamen de l’homologation européenne du prosulfocarbe est prévu fin octobre. Les conséquences d’une interdiction du produit sont « minimisées » par les autorités, d’après le syndicaliste qui évalue les pertes de rendement entre 20 et 50 % pour les céréales. Ce type de mesure représente « une aberration écologique », juge Patrick Legras. Le prosulfocarbe fait partie des rares solutions contre les vulpins et ray-grass résistants aux herbicides, selon lui. Une alternative consiste à remplacer les cultures d’hiver par des cultures de printemps. Problème, explique le céréalier de la Somme, ces productions consomment plus d’eau, quand la ressource diminue. Reste une voie permettant de maintenir l’autorisation du prosulfocarbe. Avec du matériel adapté, l’agriculteur peut limiter la dérive de pulvérisation, rappelle la CR.
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Le syndicat réclame une politique sanitaire « cohérente » : pas d’interdiction de phytos sans études spécifiques préalables, incluant une étude économique « fiable » et une étude sur la dangerosité des alternatives ; confier les décisions de retrait de molécules à « des scientifiques indépendants (Anses) » et non à des politiques. « Nous ne sommes pas contre l’écologie. Les agriculteurs sont les premiers écologistes », insiste la présidente Véronique Le Floc’h. Et de poursuivre : « Ceux qui font de l’écologie appliquée n’ont pas à subir ceux qui font de l’écologie dogmatique. » En matière de phytos, la CR dit ne pas être opposée à la baisse des utilisations. À condition de ne pas créer d’impasses techniques.