Des ONG ont décidé de saisir la médiatrice européenne concernant l’Indicateur de risque des pesticides, dans leur viseur depuis déjà quelques années, qu’elles jugent trompeur.
Les ONG PAN Europe, Global 2000 ainsi que l’organisation européenne du secteur bio (IFOAM) ont annoncé avoir déposé, le 7 octobre, une plainte officielle auprès de la médiatrice européenne concernant l’Indicateur de risque harmonisé 1 (HRI-1) mesurant l’utilisation des pesticides. Cet HRI-1 qu’utilise la Commission européenne pour suivre les objectifs de réduction des produits phytosanitaires est « trompeur », dénoncent depuis des années ces organisations. Pour les plaignants, il ne reflète pas la toxicité réelle des pesticides. De plus, il pénalise les produits à faible risque utilisés en volume important, en agriculture biologique notamment. Ils demandent à la médiatrice d’évaluer si l’exécutif européen « a commis une mauvaise administration en manquant à son devoir d’exactitude et de transparence en utilisant et en promouvant l’indicateur HRI-1 ». Bruxelles devrait, selon ces organisations, « corriger immédiatement le défaut majeur de la méthodologie de calcul » en « adoptant un indicateur scientifiquement robuste prenant en compte la toxicité humaine et environnementale ».
Des chiffres optimistes
En 2019, les États membres ont convenu de la mise en place de deux indicateurs de risques harmonisés (HRI-1 et HRI-2) pour le suivi des progrès réalisés dans l’UE en matière d’utilisation de pesticides. La période de référence a été fixée à 2011-2013, car il s’agit de la première période de trois ans pour laquelle des données ont été collectées par la Commission européenne. Le HRI-1 est calculé en multipliant les quantités de substances actives mises sur le marché par un facteur de pondération en fonction de la catégorie de la molécule (faible risque, risque normal, risque élevé et molécules interdites). Le HRI-2 concerne, lui, les autorisations d’urgence accordées par des États membres. Selon ces indicateurs, l’objectif, non contraignant, de l’UE visant à réduire de 50 % l’utilisation et les risques liés aux pesticides chimiques d’ici 2030 a d’ores et déjà été atteint. Les données publiées en août montrent en effet que l’utilisation et les risques liés aux pesticides chimiques ont diminué de 61 % par rapport à la période de référence 2015-2017. Entre 2022 et 2023, la baisse a été de 5 %.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Lire aussi : Pesticides : Bruxelles estime être en bonne voie pour atteindre son objectif de -50 %
Mais les ONG remettent en cause ces résultats. Elles considèrent que la baisse affichée n’est pas le résultat d’un recul de l’utilisation de produits phytosanitaires dans les champs mais seulement lié au non-renouvellement de l’autorisation de certaines molécules dont le facteur de risque est artificiellement rehaussé. Elles demandent donc à la Commission européenne de corriger ces annonces mensongères pour restaurer la confiance du public.