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Pesticides/santé : l’Anses alerte sur les pyréthrinoïdes, notamment chez les enfants

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Via son dispositif de phytopharmacovigilance, pour surveiller les effets des produits phytopharmaceutiques (PPP) « dans les conditions réelles d’utilisation », l’Anses a publié, le 24 avril, son analyse de l’expertise collective de l’Inserm (2013, mise à jour en 2021) sur les liens entre pesticides et santé humaine. Elle identifie « plusieurs signaux sanitaires », « dont un signal fort concernant la famille des pyréthrinoïdes », très utilisés « aussi bien pour des usages professionnels agricoles que pour des usages biocides professionnels et amateurs » (p.ex. : anti-moustiques, anti-poux). Le « principal signal » pour cette famille concerne les « troubles du comportement de type internalisé chez les enfants de mères exposées pendant la grossesse » – le repli sur soi ou l’anxiété font partie de cette catégorie de troubles, par opposition aux troubles dits externalisés. Par ailleurs, la deltaméthrine (famille des pyréthrinoïdes) est « associée à un risque accru de leucémie lymphoïde chronique/lymphome lymphocytaire en lien avec une exposition professionnelle, avec un niveau de présomption moyen ». 

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L’Anses a aussi analysé une étude épidémiologique récente (Qi et al., 2022), résultat : « une exposition aux pyréthrinoïdes pendant la grossesse peut produire des effets néfastes sur le neurodéveloppement des très jeunes enfants ». En réaction, Générations futures pointe des « conclusions inquiétantes » et des recommandations « souvent floues ». À l’inverse, pour Phyteis (fabricants de pesticides, ex-UIPP), cette analyse « confirme la robustesse du cadre réglementaire en vigueur ». « Parmi les 54 substances actives citées par l’Inserm », précise Phyteis, « 45 ne sont plus sur le marché des PPP en Europe » et « sur la totalité des substances actives de la famille des pyréthrinoïdes inventoriées par l’Inserm, 17 n’ont plus d’usage phytopharmaceutique ».

Les pyréthrinoïdes se trouvent aussi dans des anti-moustiques et anti-poux